Alors que la campagne de déclaration de revenus 2025 a été lancée le 9 avril, plusieurs agents des impôts ont manifesté vendredi devant la direction départementale des finances publiques à Beauvais, en marge de la visite du ministre qui a accueilli des représentants syndicaux par la suite. Des mobilisations similaires se sont déroulées dans plusieurs centres fiscaux du Nord, notamment à Tourcoing, à Valenciennes et à Cambrai.
David Amiel a déclaré devant les journalistes que les agents de la DGFiP "sont extrêmement engagés" et doivent faire face à des situations précaires, étant en première ligne pour aider les personnes en détresse financière.
Il a également reconnu que les agents subissent des agressions, et que répondre rapidement aux besoins de protection est une priorité pour la DGFiP et les services publics. Cette situation difficile a conduit les syndicats à tirer la sonnette d'alarme. En mars, ils ont rapporté une augmentation alarmante du nombre de suicides parmi les agents, avec 19 suicides et 23 tentatives en 2025, un chiffre qui n'était pas atteint depuis 2018. Valérie Séguy, de la DGFiP, a précisé que "c'est un sujet d'une extrême gravité pour l'administration".
Le ministre a commenté avec gravité : "Chaque cas est pris avec la plus grande sérieux, car les suicides sont la situation la plus tragique qui puisse arriver dans une administration".
La DGFiP, qui a fusionné la direction générale des impôts et celle de la comptabilité publique, emploie environ 95.000 agents. Depuis 2008, elle a perdu plus de 30.000 postes, selon le syndicat Solidarités Finances Publiques.
Bernadette Philips, secrétaire départementale de FO Finances publiques dans l'Oise, a abordé des sujets sensibles avec le ministre, notamment la souffrance au travail, la dégradation des conditions matérielles, les agressions des usagers et un management toxique préoccupant. Elle déplore des installations en piteux état : "Nous avons des lieux de travail où les plinthes sont moisies, des fuites d'eau constantes et des sanitaires dans un état désastreux".
Mathieu Silbermann, secrétaire départemental de FO dans le Nord, partage des préoccupations similaires. Il a constaté que les agents sont inquiets pour cette campagne fiscale, avec des mobilisations ayant eu lieu à Cambrai, Tourcoing, Lomme, Roubaix et Valenciennes.







