Le 14 juin prochain, les Suisses voteront sur une proposition visant à fixer un plafond de 10 millions d'habitants dans le pays. Ce projet, défendu par l'Union démocratique du centre (UDC), est présenté comme une solution pour protéger le mode de vie suisse, préserver l'environnement et lutter contre l'augmentation des loyers, conséquence d'une croissance démographique rapide.
Actuellement, la Suisse compte environ 9 millions d'habitants, soit une augmentation de 10% en dix ans, contre moins de 2% dans l'Union européenne, comme le rapporte Bloomberg. Cette hausse démographique est largement attribuée à l'immigration, alors que l'accroissement naturel explique à peine un dixième de cette croissance.
Pour l'UDC, cette initiative revêt un caractère urgent afin de contrer ce qu'ils appellent une menace pour l'avenir du pays. Si la proposition est acceptée, plusieurs mesures seraient mises en place : à partir de 9,5 millions d'habitants, les demandeurs d'asile ainsi que les familles de résidents étrangers seraient exclus, et les permis de séjour pour les résidents temporaires seraient suspendus. Si le cap des 10 millions est atteint, la Suisse pourrait se retirer de plusieurs accords bilatéraux, y compris celui de libre circulation avec l'UE.
Le patronat opposé au projet de l'UDC
Un sondage récent révèle que près de 48% des Suisses sont favorables à la proposition de l'UDC, tandis que 10% sont encore indécis. Des données qui inquiètent particulièrement les acteurs économiques, qui s'érigent contre ce plafonnement. La Chambre suisse des arts et métiers met en garde contre les conséquences d'une éventuelle dénonciation de l'accord sur la libre circulation, soulignant que de nombreuses PME dépendent de cette coopération pour leur fonctionnement.
La Chambre souligne également que l'économie suisse, qui base une grande part de ses exportations sur le marché unique européen, pourrait se retrouver dans une situation délicate. L'absence de main-d'œuvre qualifiée entraînerait d'importantes perturbations, notamment dans les secteurs des soins, de l'artisanat et des technologies.
"La dépendance à l'immigration européenne est cruciale pour notre économie", admet Marco Taddei, responsable de l'Union patronale suisse pour la Suisse romande. L'organisation économiesuisse décrit cette initiative comme "une initiative du chaos", craignant une pénurie de 430 000 travailleurs d'ici 2040 en cas d'adoption.
Le Conseil fédéral appelle à voter contre
Le gouvernement suisse a clairement exprimé son opposition au projet de l'UDC, appelant les citoyens à voter contre. Dans un communiqué, le Conseil fédéral avertit que "pas de Suisse à 10 millions!" et souligne les risques pour la prospérité, la sécurité intérieure, et les engagements humanitaires du pays. L'initiative, selon le gouvernement, remet en cause les relations bilatérales avec l'UE et favoriserait une incertitude supplémentaire dans un contexte déjà instable.







