Le Japon a décidé de se servir de ses réserves stratégiques de pétrole à partir de lundi, comme l'a communiqué l'Agence internationale de l'Énergie (AIE). Cette décision intervient dans un contexte de hausse des prix provoquée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Les 32 membres de l'AIE ont convenu d'un plan sans précédent pour libérer 400 millions de barils de pétrole afin de faire face à l'augmentation des coûts. Il s'agit du plus grand déstockage jamais initié par l'institution, mise en place il y a plus de cinquante ans.
« Les plans de chaque pays indiquent que des stocks seront mis à disposition par les États membres en Asie et en Océanie dès maintenant, tandis que ceux des membres en Amérique et en Europe arriveront d'ici fin mars », a précisé l'AIE dans son communiqué de dimanche soir.
Le Japon, qui dépend à 95 % des importations de pétrole en provenance du Moyen-Orient, a confirmé l'utilisation de ses réserves, annonçant par la même occasion une réduction de leur niveau, perçue comme un signe du début du déblocage.
Selon des chiffres récents, les réserves stratégiques du Japon s'élevaient à plus de 400 millions de barils, parmi les plus grandes au monde. Cependant, le volume exact que Tokyo prévoit de libérer n'a pas été spécifié.
- Perturbation historique -
L'AIE a recensé, dans ce plan, des engagements préliminaires représentant 172,2 millions de barils des États-Unis, près de 110 millions de barils d'Asie-Océanie, ainsi qu'un volume similaire d'Europe.
« Le conflit au Moyen-Orient entraîne des disruptions d'approvisionnement sans précédent sur le marché mondial du pétrole », a déclaré l'AIE dimanche. « Cette action collective d'urgence représente un soutien indispensable, mais il est crucial que la navigation à travers le détroit d'Ormuz reprenne pour stabiliser le marché, étant donné qu'il est le passage de 20 % du pétrole mondial. »
Depuis le début des hostilités, le prix du pétrole a considérablement augmenté, atteignant environ 100 dollars le baril, en forte hausse par rapport aux 72 dollars avant les frappes sur l'Iran, le 28 février dernier.
Les membres de l'AIE détiennent plus de 1,2 milliard de barils de stocks d'urgence, en plus des 600 millions de barils que possèdent les industriels sous mandat gouvernemental. Les États-Unis prévoient de libérer 172 millions de barils dans le cadre de cette initiative, avec une arrivée progressive sur le marché durant environ trois mois.
Le Royaume-Uni a également annoncé qu'il relâcherait 13,5 millions de barils, tandis que la France, selon la déclaration de son ministre de l'Économie, dispose d'un peu plus de 100 millions de barils, proposant de déstocker jusqu'à 14,5 millions de barils, selon le président Emmanuel Macron.







