Qui sera le premier à manquer de munitions ? Alors que le conflit s'intensifie, Israël et les États-Unis se battent pour réduire les capacités balistiques de l'Iran. Le but : épuiser les stocks de missiles iranien avant la fin de leurs propres systèmes de défense.
Depuis le début des hostilités, des vidéos montrent des missiles iraniens interceptés et d'autres atteignant leurs cibles, notamment en Israël et dans les pays voisins. Selon le rapport de la société Mintel World, près de 400 missiles et un millier de drones ont été tirés par Téhéran en seulement deux jours, ciblant notamment les Émirats, le Koweït et la Jordanie.
Pour contrer cette menace, les États-Unis, Israël et d'autres pays de la région intensifient leurs frappes à l'aide de systèmes de défense tels que Thaad, Arrow-3 et Patriot. Le général Dan Caine, chef d'état-major interarmées américain, a déclaré que ces systèmes avaient intercepté des centaines de missiles visant des forces américaines et renforçaient la stabilité régionale.
"La défense anti-aérienne et antimissiles fonctionne exactement comme prévu", assure Dan Caine.
Mais combien de temps cette tactique peut-elle durer ? Selon l'expert Scott Benedict, ancien général américain, la question se résume à qui dispose du plus grand stock de munitions.
Viser l'archer
Après le conflit de juin, les stocks de missiles iraniens capables de frapper Israël sont estimés entre plusieurs centaines et près de 2000. Des experts soulignent l'importance de détruire les véhicules lanceurs, déjà touchés lors du dernier conflit, mais qui continuent d'être localisés par les forces israéliennes et américaines.
"Viser l'archer plutôt que les flèches", c'est ainsi que le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, décrit la stratégie actuelle, promettant un suivi méticuleux de ces lanceurs grâce à des renseignements de qualité. Toutefois, Hegseth avertit que cela nécessitera du temps, la région étant un vaste champ de bataille.
Malgré une diminutions des salves, les capacités offensives de l'Iran demeurent préoccupantes, note le chercheur Etienne Marcuz, qui s'interroge sur la stratégie iranienne, se demandant s'ils préservent leur stock ou s'ils manquent d'efficacité.
"Préservent-ils leur stock pour faire traîner le conflit ?", s'interroge Etienne Marcuz.
Les États-Unis, selon Pete Hegseth, ont suffisamment de missiles intercepteurs pour tenir sur le long terme. Durant les récents combats, d'importantes quantités de missiles Thaad et SM-3 ont été tirées, comme l'indique le Wall Street Journal.
Les relations internationales ne tarderont sans doute pas à évoluer, et comme l'illustre le cas des Houthis au Yémen, l'Iran pourrait toujours conserver une "capacité résiduelle" pour maintenir une pression sur ses adversaires. Marcuz affirme qu'il est essentiel pour les États-Unis et Israël de neutraliser les lanceurs aussi rapidement que possible, bien que l'élimination totale de la menace semble peu probable.







