Le 9 février, Discord a révélé que, dès début mars, tous les comptes de la plateforme seraient classés comme appartenant à des adolescents. De ce fait, toute personne souhaitant changer certains paramètres ou accéder à du contenu sensible devrait subir une vérification d'âge, soit par un scan facial soit par une carte d'identité. Cette décision a suscité un torrent de critiques et de questionnements, incitant Discord à clarifier certains aspects de cette nouvelle politique.
De nombreux utilisateurs se sont plaints d'une procédure qu'ils considèrent intrusive, nécessitant de scan de visage local (via webcam ou smartphone) ou le transfert d'une pièce d'identité vers un serveur externe. Autant de choses qui soulèvent des inquiétudes sur la vie privée.
Un contrôle non systématique
Dans un effort pour apaiser le mécontentement, Discord a fait savoir que cette vérification ne sera pas toujours obligatoire. La plateforme, très prisée par la communauté de gamers, a instauré un système d'intelligence artificielle pour analyser les profils et identifier les utilisateurs adultes. "La majorité des utilisateurs pourra continuer à utiliser Discord comme d'habitude, sans avoir à vérifier leur âge", a-t-elle expliqué.
Cependant, être classé comme adolescent ou enfant restreint l’accès à certaines fonctionnalités, comme les serveurs ou canaux réservés aux adultes, ainsi que la possibilité de recevoir des messages de non-amis.
Discord a également souligné que les images collectées lors de la vérification d'âge seront rapidement supprimées des serveurs de son partenaire, une démarche qu'elle considère essentielle pour faire de sa plateforme "un endroit sûr pour tous".
Un système de vérification loin d'être parfait
Cependant, cette explication et ces promesses ne semblent pas suffire. Des tests de vérification d’âge en cours aux États-Unis, rapportés par 404 Media, mettent en lumière des défauts majeurs. Leur enquête a révélé que l'outil de reconnaissance faciale est tout aussi catastrophique que celui utilisé par Roblox. Des utilisateurs ont pu tromper le système en utilisant un personnage IA, complicité qui soulève d'importantes interrogations sur l'efficacité de ce procédé.
La controverse autour de cette nouvelle politique n’a pas échappé aux rivaux de Discord. Teamspeak, l'application vocale classique, a savamment rappelé aux utilisateurs qu'elle restait accessible sans ces restrictions, bien que son utilisation exige des frais de serveur.
Les utilisateurs ont exprimé leur incompréhension face à une obligation que Discord n'est pourtant pas tenue d'appliquer. Par exemple, en Australie, où certains réseaux sociaux sont désormais interdits aux moins de 16 ans, Discord a été exemptée car considéré comme un outil de communication essentiel. Avec une législation française imminente visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, les utilisateurs se demandent si Discord sera concernée.
En outre, la plateforme a récemment été touchée par un piratage ayant entraîné la compromission de 5,5 millions de comptes. Dans ce contexte, la mise en place d'une vérification d'âge quasi systématique, impliquant potentiellement des serveurs tiers, inquiète à juste titre de nombreux utilisateurs.







