Le groupe IDKIDS, qui gère plusieurs marques emblématiques comme Okaïdi et Oxybul, a été récemment placé en redressement judiciaire. Cette décision témoigne des défis croissants auxquels fait face le secteur de l'habillement en France.
Implanté à Roubaix, IDKIDS a été placé sous la protection du tribunal de commerce de Lille Métropole, affectant principalement ses marques telles qu'Obaïbi (vêtements pour les jeunes enfants), Okaïdi (de 3 à 14 ans) et Oxybul (jeux d'éveil). Selon des sources proches du dossier, environ 2 000 employés en France sont concernés par cette procédure.
Il est important de noter que la marque haut de gamme Jacadi Paris ainsi que les filiales à l'étranger ne sont pas touchées par cette restructuration. Farida Khelifi, déléguée syndicale CGT, a exprimé un certain soulagement face à cette situation : "Au moins, nous avons une continuité, car nous craignions une liquidation."
La direction souligne que cette demande vise à offrir un laps de temps nécessaire pour la transformation du groupe, qui doit "renforcer ses capacités financières" pour s'adapter à un marché en constante évolution.
Avec un chiffre d'affaires mondial de 800 millions d'euros et une présence dans 70 pays, IDKIDS réalise environ 600 millions d'euros de chiffre d'affaires avec Okaïdi, dont 300 millions sur le sol français. Toutefois, la société décrit un "effet sablier" sur le marché, où le segment premium prospère, tandis que le bas de gamme au design ultra tendance s'affirme, laissant les marques de milieu de gamme comme Okaïdi dans une situation difficile.
Un rapport du secteur souligne que "Okaïdi et Obaïbi font face à une pression continue due à des coûts élevés et à une concurrence grandissante venant de la fast fashion et du marché low-cost", ce qui a considérablement affaibli leur performance en 2025.
Inquiétudes des salariés
Les employés expriment leur préoccupation face à cette restructuration. Une vendeuse témoigne : "Nous constatons une diminution de la clientèle et un panier moyen en baisse depuis des années." Séverine Ouablla, salariée dans la logistique, s'interroge sur l'avenir des employés : "Les salariés ont tout donné, mais quel sera l'impact sur nos salaires ?"
Les craintes de fermetures de magasins planent sur l'entreprise, comme le note Farida Khelifi. Néanmoins, Blandine Couchourel, représentante du personnel, souligne la nécessité de maintenir un dialogue transparent avec la direction, affirmant que les employés "croient en l'entreprise" et souhaitent son succès futur.
Face à un marché en mutation rapide, l'avenir d'IDKIDS et de ses marques phare demeure incertain, mais les défis qu'ils doivent surmonter sont indéniables.







