D'après un rapport de la Caisse des dépôts révélé le 22 mai, les retraits sur le Livret A se chiffrent à 1,28 milliard d'euros en avril 2026, marquant ainsi le pire enregistrement pour ce mois depuis 2009. Les épargnants semblent privilégier des produits d'épargne offrant de meilleurs rendements, causant un vide historique dans ces comptes réglementés.
Le constat est amer pour le Livret A : il enregistre sa quatrième baisse consécutive, alors que les dépôts dans les 58 millions de Livrets A s'élèvent toujours à 445,2 milliards d'euros. Cependant, la tendance est clairement à la désaffection. Les Livrets de développement durable et solidaire (LDDS), qui bénéficient d'un taux identique à celui du Livret A de 1,5 % depuis février, ont vu également des retraits dépassant les dépôts de 250 millions d'euros, avec un montant total en baisse de près de cinq milliards d'euros depuis le début de l'année.
Cette perte de confiance s'explique en grande partie par la chute du taux de rémunération, qui a été divisé par deux en moins d'un an. Des experts financiers, comme ceux de Midi Libre, soulignent que cette situation ''pousse les épargnants à se tourner vers des véhicules d'investissement plus attractifs, tels que l'assurance-vie''.
Les fonds recueillis par ces livrets sont normalement destinés au financement de projets d'habitat social, ainsi qu'à diverses politiques de développement urbain. Toutefois, les propos récents des représentants de la Caisse des dépôts sur la diversification des investissements, tels que le soutien à des projets nucléaires, suscitent des débats au sein de la classe politique.
Vers une hausse du taux à l'approche de l'été ?
En dépit de cet éloignement des livrets, une possible hausse de leur taux de rémunération pourrait inverser cette tendance dès cet été. La décision, qui doit être prise mi-juillet par le ministre de l’Économie, Roland Lescure, et Emmanuel Moulin, le futur gouverneur de la Banque de France, pourrait apporter un nouvel élan au Livret A.
En revanche, il semble que le Livret d’épargne populaire (LEP), malgré un taux attractif de 2,5 %, ne séduit pas davantage les épargnants. Des données récemment dévoilées indiquent que les retraits ont dépassé les dépôts sur ces comptes de 320 millions d'euros au mois d'avril.







