Le Ministère public du Valais a récemment notifié la municipalité de Crans-Montana qu'elle ne pouvait pas obtenir le statut de partie plaignante dans le cadre de l'enquête sur l'incendie tragique survenu dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier au bar Constellation. La nouvelle a été rapportée par la Radio Télévision Suisse (RTS) le 12 janvier 2026.
Dès les premiers jours qui ont suivi le sinistre, le conseil communal a pris la décision à l'unanimité de se porter partie civile, invoquant le besoin d'apporter sa contribution à la recherche des faits. Dans son communiqué, la municipalité a souligné l'importance de comprendre les circonstances entourant cet incident déplorable.
Cependant, le bâtonnier des avocats valaisans, Gonzague Vouilloz, a critiqué la décision en affirmant : « Rien ne permet de dire que la commune est lésée. La justification fournie par la commune n'est pas directement liée à un statut de lésé. » Les experts soulignent qu'en droit, le statut de lésé est souvent attribué aux individus ayant subi un dommage direct.
Dans un document consulté par la RTS, la représentante du Ministère public, Béatrice Pilloud, a indiqué le 5 janvier que la commune, en tant qu'autorité publique, ne pouvait pas revendiquer les droits d'une partie plaignante, car elle agit principalement pour défendre les intérêts collectifs.
Face à cette réaction, et après une forte réaction publique, la commune a décidé de revoir sa position. Dans une lettre envoyée le 8 janvier, l'avocat de la commune, Gaspard Couchepin, a fait savoir que la municipalité retirait sa demande de se constituer partie plaignante, en déclarant : « Par respect pour les victimes et indépendamment de toute considération juridique, la commune de Crans-Montana retire sa demande. » Cela signifie qu'elle ne pourra pas obtenir de dédommagement pour des préjudices éventuels.
Ainsi, la commune a maintenant changé sa stratégie et souhaite participer en tant que « partie à la procédure », ce qui lui permettrait d'accéder au dossier et de participer aux auditions. Ce changement de cap est motivé par des violations présumées des règlements de construction et des lois sur la vente d'alcool par l'exploitant du bar. Les prochaines étapes de la procédure judiciaire détermineront si ce statut sera accepté.
Cette situation complexe reflète des enjeux plus larges dans la gestion des risques liés aux établissements publics en Suisse, surtout en ce qui concerne la sécurité et les normes de construction. Des experts invitent à une meilleure régulation et un suivi rigoureux des bars et restaurants pour éviter de tels incidents à l'avenir. Le débat est désormais lancé sur les responsabilités à prendre et les mesures qu'il convient de mettre en œuvre après cette tragédie.







