Malgré les intempéries et un arrêté préfectoral interdisant les rassemblements non déclarés, des agriculteurs membres de la Coordination Rurale (CR) ont réussi à entrer à Paris le 8 janvier au matin pour faire entendre leurs revendications. Cette action symbolique est le reflet d'un mécontentement grandissant face à la situation du secteur agricole, en plein coeur d'un climat économique tendu.
« Ils se baladent » à travers Paris, notamment sur les Champs-Élysées, a affirmé un porte-parole de la CR à l’AFP, précisant qu’une vingtaine de tracteurs étaient notamment stationnés à proximité de la tour Eiffel, portant des slogans tels que « CR 33 NON AU MERCOSUR ».
Les agriculteurs, arrivés entre 3 h 30 et 4 h, n’ont rencontré aucune résistance sur leur chemin. Ludovic Ducloux, co-président de la CR en Gironde, s’est déclaré satisfait d'avoir pu atteindre Paris sans incident notable. « On avait promis de monter à Paris, et nous l’avons fait », a-t-il ajouté fièrement.
D’un autre côté, Eloi Nespoulous, président de la CR en Occitanie, a dirigé un cortège de 40 tracteurs, affirmant qu’ils étaient prêts à « crier leurs revendications coûte que coûte ». Bertrand Venteau, président de la CR, a déclaré qu’ils souhaitaient porter leurs demandes de manière pacifique, même si cela impliquait de risquer des garde à vue.
Cellule interministérielle de crise activée
Les revendications des agriculteurs sont multiples, englobant des problématiques telles que la hausse des prix des engrais, la concurrence accrue des pays du Mercosur, et des urgences telles que l'épidémie de dermatose bovine.
Dans un contexte tendu, le gouvernement a réagi en mettant en place un arrêté interdisant les rassemblements non déclarés dans plusieurs zones sensibles de la capitale jusqu'à vendredi. Cela inclut les alentours des institutions politiques et des lieux emblématiques comme les Champs-Élysées et la tour Eiffel.
De récentes actions de blocage ont également eu lieu dans les Yvelines, où des agriculteurs ont forcé un barrage de gendarmerie, entraînant quelques interpellations.
Alors que les agriculteurs continuent de faire pression sur Paris et Bruxelles, une cellule interministérielle de crise a été activée pour traiter cette situation explosive. Des experts prévoient que tant que les agriculteurs n’obtiendront pas de réponses concrètes à leurs demandes, la mobilisation perdurera.
Ce mouvement de contestation trouve ses racines dans un sentiment général de désespoir au sein du secteur agricole, renforcé par des promesses gouvernementales considérées comme insuffisantes. Sébastien Lecornu, le ministre de l'Agriculture, a promis des annonces importantes à la fin de la semaine, mais pour les agriculteurs, cela semble trop peu, trop tard.
Comme l’a souligné François Ruffin, député connu pour son engagement envers la cause des agriculteurs, même une augmentation budgétaire de 45 milliards d'euros ne suffira pas à compenser les frustrations grandissantes liées à l'accord avec le Mercosur. Une situation à surveiller de près alors que les agriculteurs continuent de revendiquer l’attention qu’ils estiment mériter.







