Le Ministère des PME et du pouvoir d'achat envisage d'autoriser, à partir de 2026, les employés gagnant jusqu'à deux fois le salaire minimum (SMIC) à retirer, de manière défiscalisée, un montant de 2000€ de leur plan d'épargne entreprise (PEE). Cette annonce, effectuée le 5 janvier, vise à répondre à la pression croissante sur le pouvoir d'achat des ménages français.
Normalement, les fonds placés dans les PEE sont bloqués pendant une durée de cinq ans, sauf exceptions pour des événements familiaux ou des projets de transition énergétique. Cependant, dans le contexte actuel où la croissance française, bien qu'attendue à 0,9 % pour 2025, peine à se dynamiser, il est estimé que cette mesure pourrait libérer environ 4 milliards d'euros pour les salariés. Cela leur permettrait de financer des projets personnels tout en stimulant la consommation, un aspect vital pour soutenir l'économie.
La somme à retirer devra avoir été effectivement versée sur le PEE avant le 31 décembre 2025. Bien qu’elle soit exonérée d'impôts, elle sera soumise à des contributions sociales telles que la CSG et la CRDS. Le cabinet de Serge Papin souligne que cette initiative pourrait avoir un impact positif sur le bien-être financier des individus sans déséquilibrer les objectifs d'épargne des PEE, qui visent à financer les entreprises et à favoriser la productivité.
Opinions divergentes parmi les partenaires sociaux
Cependant, les réactions ne se font pas attendre. Les syndicats, comme la CFDT, expriment des réserves, arguant que « la question du pouvoir d'achat est avant tout une question salariale » selon Luc Mathieu. Ils craignent que cette aide ne profitent principalement aux employés des grandes entreprises qui disposent d'un PEE.
Du côté du patronat, la CPME a donné un soutien enthousiaste à la mesure, exprimant l’espoir d’un relèvement du plafond à trois SMIC pour davantage de salariés. Michel Picon, dirigeant de l'U2P, a mis en garde contre le risque que ces fonds soient principalement utilisés pour des achats auprès de grandes plateformes de détail en ligne, telles que Shein ou Temu.
Alors que les discussions se poursuivent sur ce projet, il est clair que cette initiative soulève des enjeux complexes concernant l'épargne, les revenus et le pouvoir d'achat des Français. Les effets de cette politique seront à suivre de près, d'autant plus qu'elle pourrait être mise en œuvre par décret, selon les annonces faites par Bercy. Les retombées concrètes sur les ménages et l'économie restent encore à démontrer.







