Malgré l'interdiction de circulation imposée par le gouvernement pour les convois de tracteurs, les agriculteurs français persistent à vouloir faire entendre leurs voix. Les représentants du secteur annoncent une mobilisation à Paris afin de porter leurs « doléances » face à la crise agricole actuelle.
Cette initiative survient alors que plusieurs arrêtés préfectoraux interdisent les mouvements de tracteurs dans de nombreuses régions jusqu'à jeudi, comme rapporté par l'AFP. Toutefois, les agriculteurs, soutenus par des syndicats tels que la Coordination rurale (CR), se disent déterminés à se rendre dans la capitale pour exprimer leur mécontentement.
Le mécontentement s’est intensifié ces dernières semaines en raison de plusieurs facteurs allant de la maladie touchant les bovins à la hausse des coûts des engrais, sans oublier la menace d'une concurrence accrue des pays latino-américains. En décembre, la colère avait déjà commencé à monter suite à des annonces concernant des négociations sur la politique agricole commune (PAC) européenne.
Bertrand Venteau, président de la CR, a souligné la détermination des agriculteurs, déclarant : « On montera porter nos doléances à Paris, même si cela doit aboutir à des gardes à vue ». Cette déclaration renforce l'idée d’une mobilisation pacifique, mais déterminée.
Des voix comme celle de Lionel Candelon, président de la Chambre d’agriculture du Gers, ont également exprimé que les agriculteurs pourraient contourner les restrictions en utilisant des chemins de campagne : « Ce n’est pas un arrêté de circulation qui va nous empêcher de rouler ».
Outre les manifestations, d'autres actions de blocage routier ont été signalées à travers le pays, témoignant d'une mobilisation signifiant que le mécontentement va au-delà des simples revendications. Les agriculteurs espèrent ainsi alerter le gouvernement sur leurs problèmes pressants, notamment concernant la gestion de la dermatose bovine, ainsi que des inquiétudes sur l'accord avec le Mercosur.
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a indiqué que certaines mesures étaient envisagées pour soutenir les agriculteurs, alors que ces derniers jugent les propositions actuelles « insuffisantes ». En attendant, la pression sur le gouvernement va continuer à s'intensifier, avec des mobilisations prévues au Parlement européen si l'accord UE-Mercosur venait à se concrétiser.
La bataille pour des conditions de vie décentes dans le secteur agricole est loin d’être terminée, et les agriculteurs français se tiennent prêts à aller jusqu’au bout de leur combat, comme ils l'ont déjà prouvé par le passé.







