Ce mercredi, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a conseillé à la Norvège de diminuer son impôt sur la fortune, identifié comme un frein à l'investissement, en particulier pour les petites entreprises. En intégrant cette modération dans une réforme fiscale plus globale, le pays pourrait également renforcer sa taxation sur l'immobilier et les successions, allégeant ainsi le fardeau fiscal sur le travail et le capital.
Instauré à la fin du XIXe siècle, l'impôt sur la fortune en Norvège concerne les patrimoine nets dépassant 1,9 million de couronnes (172.000 euros) et est fixé à un taux de 1%. Ce pourcentage grimpe à 1,1% pour les patrimoines dépassant 21,5 millions de couronnes. Selon le rapport de l'OCDE sur l'économie norvégienne, "bien qu'ils aient un effet redistributif considérable, les impôts sur la fortune nette pourraient décourager l'investissement, surtout au détriment des entreprises familiales".
"La taxation du capital peut générer des rendements négatifs pour les investisseurs", avertit l'OCDE.
Elle recommande ainsi une taxation accrue des biens immobiliers et des héritages, alors que le principal logement en Norvège demeure faiblement taxé et que l'impôt sur les successions a été aboli en 2014. Ces propositions font écho à la réforme fiscale anticipée par le gouvernement travailliste, qui devrait se concrétiser d'ici 2027.
Un débat fiscal au cœur du système norvégien
L'impôt sur la fortune constitue un point de friction majeur entre la gauche et la droite norvégienne, le second souhaitant le réduire ou l'éliminer. Les partisans de cette taxe soulignent son importance pour un système de protection sociale robuste, tandis que ses opposants craignent qu'elle ne dissuade les entrepreneurs et compromette l'innovation.
Dans son rapport, l'OCDE note que "la Norvège demeure l'une des économies les plus prospères et égalitaires au monde", mais attire l'attention sur la dépendance croissante à son colossal fonds souverain, qui représente 27% des dépenses publiques, une hausse significative par rapport à seulement 3% en 2001. Les experts estiment qu'une mauvaise gestion ou une baisse de la valeur de ce fonds pourrait considérablement affecter la politique budgétaire et préconisent un plan de dépenses à moyen terme.







