La question de savoir si l'Amérique va financer la reconstruction de l'Iran se pose avec acuité. Des responsables américains ont récemment révélé à la presse internationale que ce fonds de 300 milliards de dollars était à l'étude.
Cette information rejoint les révélations du New York Times indiquant que l'administration Trump avait sollicité informellement les pays arabes du Golfe pour alimenter ce fonds destiné à l'Iran.
Dans une interview accordée à CNBC, le vice-président JD Vance a confirmé que cette proposition faisait partie intégrante des négociations, précisant que ces sommes ne seraient pas directement fournies par les États-Unis, mais plutôt par des nations voisines du Golfe.
Il a également souligné que la Maison Blanche publierait bientôt le texte de l'accord, et que l'Iran ne recevrait aucun fonds tant qu'il ne respecterait pas ses engagements.
Toutefois, selon le Financial Times, l'administration Trump travaille bel et bien sur cette initiative économique dans le cadre des pourparlers avec l'Iran. Washington semble prêt à soutenir la création de ce fonds destiné à la reconstruction et au développement économique.
Un soutien par les investisseurs privés
Une source proche des discussions a déclaré au Financial Times que l'établissement de ce fonds serait conditionné à la signature d'un accord final. Ce dernier supposera des étapes jugées essentielles par les États-Unis, telles que l'extension de 60 jours du cessez-le-feu, la réouverture du détroit d'Ormuz et des avancées sur le dossier nucléaire iranien. Les responsables américains jugent ces conditions indispensables à la garantie de la stabilité régionale et à l'encouragement des investissements étrangers.
Ce fonds sera financé non pas par les gouvernements, mais par des investisseurs privés et des entreprises désireuses de participer à la relance économique de l'Iran. Les modalités de gouvernance restent encore à définir, mais son objectif est clair : diriger des capitaux vers un marché de près de 90 millions d'habitants possédant d'importantes ressources énergétiques.
"De nombreuses entreprises en Europe, en Asie, aux États-Unis, etc., expriment leur intérêt. Si les sanctions sont levées, ce fonds pourrait atteindre des sommets incroyables," a rapporté une source au Financial Times.
Des tensions autour des conditions économiques
Les avantages économiques offerts à Téhéran restent l'un des points les plus sensibles des négociations. Donald Trump cherche à éviter que son administration soit perçue comme rétribuant le régime iranien, qui a été largement critiqué par lui-même en raison de l'accord nucléaire de 2015, négocié sous la présidence de Barack Obama.
Dans un message sur son compte X, Trump a affirmé qu'il "n'investit aucun dollar en Iran". Il a qualifié d'"infox" les allégations selon lesquelles les États-Unis verseraient 300 millions de dollars à l'Iran.
Le président américain a souvent critiqué son prédécesseur pour avoir envoyé, selon lui, des "palettes de billets" à Téhéran. En effet, en 2016, l'administration Obama avait mis en place un accord de 1,7 milliard de dollars en faveur de l'Iran, héritage d'un contentieux lié à la révolution islamique de 1979.
De nombreux opposants à ce nouvel accord estiment également que les incitations financières proposées à l'Iran dépassent largement celles de l'époque. Un haut responsable américain a affirmé qu'"aucun dollar n'a été versé" depuis la signature des documents récents impliquant Trump, Vance et le président iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Les modalités de toute levée de sanctions, y compris la restitution des actifs iraniens gelés à l’étranger, seraient appliquées progressivement et liées aux progrès réalisés dans les négociations nucléaires. Toutefois, certains responsables envisagent la possibilité d'"offrir de petits gestes" financiers "au début" pour renforcer la confiance entre les parties.
La question nucléaire, centrée sur le dossier des stocks d'uranium enrichi, sera cruciale dans le processus de normalisation des relations avec Téhéran. Les modalités de l'accord devraient prévoir que l'ensemble de l'uranium enrichi sur le territoire iranien soit dilué sous la supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique.
Il est souhaité que les 9.000 kg d'uranium enrichi, dont environ 440 kg pourraient être utilisés dans la fabrication d'armes nucléaires, soient rendus inexploitables à l'avenir.







