Le samedi 6 juin 2026, plus d'un millier de salariés de Decathlon ont décidé de se mobiliser à l'échelle nationale à l'appel d'une intersyndicale. Cette action, inédite selon les syndicats, vise à demander une revalorisation des salaires ainsi qu'une amélioration des conditions de travail, alors que l'enseigne a enregistré un bénéfice net de 910 millions d'euros en 2025.
Cette grève a réuni plus de 1.000 employés dans toute la France, avec l'appui d'organisations syndicales telles que l'UNSA, la CFDT, la CGT, la CFTC et la CFE-CGC. Les revendications portent principalement sur l'adaptation des salaires aux hausses du Smic et une meilleure qualité de vie au travail au sein d’une entreprise qui emploie près de 103.000 personnes dans le monde.
À Nancy-Houdemont, en Meurthe-et-Moselle, le mouvement a pris une ampleur historique, avec près de 75 % des présents non seulement soutenant l’appel à la grève, mais également espérant que cette mobilisation fasse résonner un message fort. "La conjoncture économique en est la raison. Nous souhaitons que cela incite à une réaction concrète à la direction", a déclaré Juliette, une salariée impliquée.
Un désir urgent de changement
Simon Thierry, représentant de l’UNSA, a mis en lumière la problématique de la réduction des effectifs au sein de l'entreprise, affirmant : "C’est un cercle vicieux. Les augmentations de profits ne devraient pas se faire au détriment de la qualité des conditions de travail et de la rémunération des employés", a-t-il souligné à ICI Lorraine, rappelant que des avancées avaient été réalisées lors de précédentes mobilisations.
Dans la région de Haute-Garonne, Pierre, membre de la CFTC, a fait état de la frustration des employés face à la non-répercussion des récentes hausses du Smic. "La hausse ne profite qu'aux nouveaux employés, les salaires des autres stagnent", a-t-il précisé, dénonçant une situation jugée injuste.
Appel à la direction
En Loire-Atlantique, la mobilisation a également pris place, avec une quinzaine de salariés à Saint-Nazaire montrant leur solidarité et exigeant de meilleures conditions de travail. Les revendications demeurent similaires, centrées sur les augmentations salariales et l'amélioration des conditions de travail.
À l'échelon national, bien que Decathlon prétende que le taux de participation à la grève ne dépasse pas 5 %, selon des données communiquées à l'AFP, les syndicats estiment que cela reflète plutôt un sentiment de désespoir croissant parmi les employés. Sébastien Chauvin, délégué central CFDT, a résument la situation : "La vie n'est pas rose pour ceux qui travaillent chez Decathlon".
Alors que l'entreprise fait état d’un chiffre d'affaires de 16,8 milliards d'euros et d'une augmentation significative de son bénéfice net, les travailleurs appellent à une véritable prise en compte de leurs besoins et de leurs attentes. Au cœur de cette crise, la question de l'équité salariale et des conditions de travail refait surface, poussant les salariés à revendiquer un dialogue constructif avec la direction afin de garantir leur bien-être au travail.







