Neuf mois après la fermeture de leur site, les ex-salariés de Tetra Pak à Longvic se rassemblent pour défendre leurs droits devant le conseil de Prud'hommes à Dijon. Une première audience de conciliation s'est tenue ce jeudi matin, marquant une démarche collective notable dans la région de Bourgogne.
Les anciens employés, qui ont reçu leurs lettres de licenciement en septembre 2025, se mobilisent sous l'égide d'une intersyndicale encore active. Ils se sont réunis ce jeudi devant la cité judiciaire pour marquer leur détermination à obtenir justice.
Un casse-tête juridique pour Tetra Pak
Parmi les 207 emplois supprimés sur le site, 169 salariés sont déjà licenciés et 126 ont choisi de participer à cette action collective. Représentés par leur avocat, Me Ralph Blindauer, ils demandent une indemnité de 80 000 euros par personne, une somme jugée élevée mais justifiée par leur ancienneté et leurs salaires significatifs. L'avocat souligne que le motif avancé par la direction, à savoir la cessation d'activité, pourrait ne pas tenir en raison de la transférabilité des machines vers d'autres sites du groupe.
Selon un rapport de l'Inspection du travail, la cessation d’activité des employés protégés, notamment les représentants syndicaux, ne semble pas avoir été validée. Me Blindauer déclare : "Le motif invoqué est infondé, il n’y a pas de réelle cessation d’activité. Nous disposons d’arguments solides pour défendre cette position".
Des négociations compliquées à envisager
Cette audience de conciliation est une étape préalable dans la procédure, mais l'avocat ne voit pas une issue favorable dans l'immédiat. "Je ne suis pas très optimiste quant à une conciliation rapide. La partie adverse a clairement indiqué qu'il n'y avait pas d'espoir de dialogue à ce stade. Cependant, une solution de compromis pourrait émerger si les deux parties manifestent une vraie volonté de négocier à l'avenir".
Cette situation est particulièrement préoccupante pour les ex-salariés, qui non seulement font face à des incertitudes financières, mais également à un sentiment de trahison après des années de service. L'issue de ce combat judiciaire pourrait redéfinir les relations travail-employeur dans la région et avoir des répercussions sur d'autres entreprises en difficulté.
Le conflit illustre les défis contemporains du monde du travail, où les droits des salariés sont souvent en jeu face à des décisions unilatérales des multinationales. Bien que les résultats de cette audience soient encore incertains, le soutien continu de l'intersyndicale et la mobilisation des anciens employés témoignent d'une résilience face à l'adversité.







