Le Sénat américain est sur le point de valider la nomination de Kevin Warsh à la présidence de la Réserve fédérale, un choix controversé porté par l'ancien président Donald Trump. Ce vote, prévu mercredi à partir de 14H00 (heure locale), semble en bonne voie, le parti présidentiel disposant d'une majorité.
Après une première étape confirmée mardi, où Warsh a obtenu 51 voix pour et 45 contre au conseil des gouverneurs de la Fed pour un mandat de quatorze ans, il ne lui restera plus qu'à prêter serment pour entrer en fonction. Son mandat à la présidence, quant à lui, s'étendra sur quatre ans.
Trump avait déjà envisagé Warsh en 2018 pour diriger la Fed, mais avait finalement choisi Jerome Powell, dont le mandat prendra fin vendredi. L'ancien président a exprimé ses regrets à plusieurs reprises concernant ce choix, multipliant critiques et pressions sur Powell, principalement en raison de ses décisions sur les taux d’intérêt. De nombreux analystes, comme ceux du New York Times, anticipent que Warsh pourrait également faire face à des critiques similaires s'il ne répond pas aux attentes concernant la baisse des taux.
La Fed, qui a la responsabilité de contrôler l'inflation tout en préservant les emplois, doit naviguer entre différentes pressions économiques. À l'heure actuelle, le taux de chômage est bas, à 4,3%, mais la montée des prix est préoccupante, notamment à la suite de la guerre au Moyen-Orient. La banque centrale vise un taux d'inflation de 2%, un objectif non atteint depuis cinq ans. Les derniers chiffres indiquent une augmentation de 3,8% des prix à la consommation sur un an, un niveau inacceptable pour de nombreux économistes.
Warsh, 56 ans, aura l'occasion de présider sa première réunion de politique monétaire les 16 et 17 juin. Cet ancien gouverneur de la Fed (2006-2011) devra naviguer dans un environnement où les tensions sont déjà élevées. Il pourra compter sur l’expérience de Powell, resté au conseil, ainsi que sur d'autres membres dont la gouverneure Lisa Cook.
Lors de son audition devant le Sénat, Warsh a affirmé que l'indépendance de la Fed dépendait d'elle-même, même face aux critiques extérieures. Sa vision est de réduire le volume d'actifs détenus par la Fed, qui a considérablement augmenté, afin d'alléger son impact sur les marchés. Les investisseurs semblent avoir accueilli sa nomination avec optimisme, se remémorant son approche 'faucon' face à l'inflation. Mark Zandi, économiste chez Moody's, estime pourtant que malgré une possible tendance à voter pour une baisse des taux, Warsh devra composer avec une majorité qui pourrait être réticente à de telles décisions.







