De nombreux musiciens naviguent à travers des défis bureaucratiques si complexes qu'ils semblent se battre contre des moulins à vent. L'un d'eux, le violoniste Julien Moquet, a récemment partagé son expérience sur Facebook. Lors d'un vol avec Volotea, il a dû faire face à des conditions pourtant inouïes: monter à bord avec son violon et ses archets, tout en laissant son étui en soute.
"C'est une situation totalement absurde. Un violon n'est pas un bagage de confort, c'est un outil de travail, un bien délicat. Faire voyager un musicien avec son instrument ne devrait pas être une épreuve", déclare-t-il, visiblement exaspéré.
Les musiciens, lorsqu'ils se déplacent, ne le font pas simplement pour le plaisir; ils sont souvent en mission pour promouvoir la culture, que ce soit dans des festivals, des orchestres, ou des conservatoires. Pourtant, comme le souligne Moquet, ils se heurtent à des politiques de transport hétérogènes. "Ces règles varient d’un vol à l’autre et parfois d’un agent à l’autre", explique-t-il.
Pas un cas isolé
Moquet précise que cette problématique n'est pas exclusive à Volotea et que d'autres compagnies aériennes adoptent des pratiques semblables. "Il y a des situations où l'on exige d'acheter un siège supplémentaire, alors qu'un violon peut parfaitement être transporté en cabine selon des dimensions standard", annonce-t-il. Il appelle à une réforme conjointe des compagnies aériennes et des instances culturelles pour harmoniser la réglementation portant sur le transport d'instruments de musique.
Sur son site, Volotea indique que les musiciens souhaitant enregistrer leur instrument en soute doivent sélectionner un service dédié, mais cela pose un gros problème: aucun musicien professionnel n'acceptera de mettre son instrument en soute, où il pourrait subir des dommages.
La solution proposée aux musiciens est de prendre leur instrument en lieu et place de leur bagage à main, tant qu'il respecte les dimensions maximales (55x40x20 cm). Cependant, si l'instrument dépasse ces dimensions, il leur sera demandé de réserver un autre billet. La Fédération internationale des musiciens alerte régulièrement la IATA, l'organisation représentative des compagnies aériennes, mais les avancées demeurent limitées, en particulier sur les compagnies low-cost.
Certains musiciens choisissent désormais des compagnies plus réceptives à leurs besoins. "Plusieurs compagnies, comme Lufthansa, acceptent les étuis en cabine. Je ne voyage qu'avec elles, armé d'une capture d'écran de leurs politiques", explique un membre du milieu musical. Cependant, comme le souligne Julien Moquet, chaque compagnie a ses propres règles, ce qui peut compliquer la tâche.
Enfin, les conditions de transport des instruments ne se limitent pas aux aériennes. Des musiciens ont également fait face à des réglementations rigoureuses de la part de la SNCF, notamment pour le transport de contrebasses, entraînant des amendes ou des refus d'embarquement. Grâce à des efforts concertés avec le ministère de la Culture et diverses associations, une solution a été trouvée, mais cela souligne encore l'importance d'une meilleure compréhension des besoins des artistes.







