Ce vendredi, les syndicats se rassemblent pour réaffirmer leur volonté de sauvegarder un 1er-Mai chômé et de revendiquer des augmentations de salaire, en réponse à la montée de l'inflation liée au conflit au Moyen-Orient.
Le gouvernement envisage de permettre aux artisans, tels que boulangers et fleuristes, d’ouvrir leurs commerces ce jour-là, ce qui suscite une forte opposition. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a affirmé sur France Info : "Le 1er-Mai 2026 ne doit pas être différent des années précédentes". Selon elle, "la règle ne doit pas être l'ouverture" des magasins.
Parallèlement aux questions de chômage, les inquiétudes concernant le pouvoir d'achat s'intensifient, particulièrement en raison de la hausse des prix des carburants. Les syndicats se demandent si les cortèges seront aussi fournis qu'attendu, malgré la proximité d'un week-end prolongé et des vacances scolaires, notamment à Paris.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a précisé que 320 manifestations étaient programmées à travers la France, avec une estimation de plus de 100.000 participants. À Paris, le cortège débutera à 14H00, partant de la place de la République vers la Nation, en présence de Marylise Léon et de Sophie Binet, la dirigeante de la CGT.
L’an dernier, entre 157.000 et 300.000 personnes avaient défilé sur le territoire national, selon les chiffres de la police et de la CGT. Marylise Léon a proposé une augmentation du Smic, soulignant que "face à une inflation dépassant 2%, des négociations doivent être menées dans chaque branche professionnelle".
Sophie Binet, de la CGT, a demandé une hausse de 5% du Smic ainsi qu'une indexation des salaires. Elle a précisé que "le problème principal des boulangers n'est pas d'ouvrir le 1er-Mai, mais la hausse significative de leurs factures d'énergie et le prix des matières premières".
Face à l’opposition unanime des syndicats, le gouvernement a mis en suspend une proposition législative permettant aux commerces d’ouvrir le 1er-Mai. Les syndicats, dont la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC et la CFTC, s’opposent à un texte qui pourrait être élargi à d’autres secteurs dans le futur.
Concernant l'application des règles, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a suggéré une approche pragmatique, incitant à "l'intelligence collective" pour que les artisans puissent faire travailler leurs employés sur la base du volontariat, en les rémunérant double.
Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie, a déclaré que "70% des boulangeries devraient ouvrir ce 1er-Mai". À Lille, Marianne Chevalier, boulangère, confirme que ses employés sont contents de travailler, même lorsqu'ils ne sont là que quelques heures, en sachant qu'ils seront payés double.
Cependant, des professionnels du secteur, comme Morgane à Mérignac, craignent que l'ambiguïté autour des réglementations puisse mener à des conflits. Cécile Clamme, inspectrice du travail, a exprimé ses inquiétudes quant à la sécurité des agents de contrôle.
Ce 1er-Mai ne sera pas chômé non plus pour les hommes politiques. Gabriel Attal consacrera cette journée à une boulangerie à Vanves près de Paris, tandis que Sébastien Lecornu rencontrera des artisans en Haute-Loire. De son côté, Bruno Retailleau, candidat LR à l’Élysée, se rendra à Cholet pour mettre en avant le thème du "travail gagnant".







