Le nouveau Jules Verne : comme dans une fusée
Lors de l'inauguration, l'ambiance était électrique, presque comme si un réacteur émergeait sous la Tour Eiffel. La commission de sécurité avait donné son accord le jeudi à midi, et dès le vendredi à 17h15, les premières assiettes trouvaient leur chemin vers les clients. Dix-sept chefs, visiblement nerveux, préparaient le grand saut dans l'inconnu. Ce soir-là, un repas test était prévu pour une trentaine de chanceux, précédant l'ouverture publique le lendemain à 18h30. Cet établissement promet de servir des plats diversifiés tout au long de l'année, offrant une rythmique de travail qui alterne travail intense et repos.
Alain Ducasse, présent lors de cette soirée mémorable, a une fois de plus assuré qu'il s'agissait de son dernier restaurant. Cependant, l'effervescence parisienne captivait l'attention. Le premier plat du soir a émergé avec élégance : un blanc de daurade mariné, accompagné de caviar osciètre et d'une garniture mimosa. Une cuisine française claire et accessible, tournée vers l'essentiel, loin des expérimentations complexes qui ont récemment marqué les tables étoilées.
Le menu se poursuit avec un velouté de crustacés suivi d'un homard agrémenté de céleri et de truffe, avant l'apothéose d'une sole braisée au champagne. Chaque assiette est une invitation à savourer un calme raffiné, sans jamais sacrifier la créativité. L'assaisonnement est soigné, et les plats éblouissent par leur simplicité élégante.
Au fur et à mesure que Paris s'illumine de mille feux nocturnes, l'expérience culinaire devient une aventure visuelle. Le décor, dans des tons marron glacé, répond à la grandeur de la ville. Dîner dans un tel cadre est une émotion rare, et les desserts, loin de toute prétention, s'annoncent savoureux : savarin à l'armagnac et soufflé au citron vert. Le service, dynamique et enjoué, reflète l'enthousiasme des débuts. En fin de soirée, la note s'établit autour de 150 €, marquant l'émergence d'un nouveau rendez-vous gastronomique à Paris.







