À l'approche de l'échéance fatidique pour financer les retraites d'ici 2020, les pistes se multiplient, notamment celle de l'augmentation de la Contribution sociale généralisée (CSG). Alors que les arbitrages de Matignon se profilent, le débat fait rage.
Un défi de sept milliards d'euros
Comment dégager les sept milliards d'euros nécessaires pour garantir les retraites ? Pendant longtemps, le scénario envisagé se concentrait sur un partage des efforts entre les différentes parties prenantes : les actifs, via un allongement de la durée de cotisation, les retraités, par des mesures de désindexation des pensions et une augmentation de la CSG, ainsi que les entreprises, avec des hausses de cotisation. Cependant, Marisol Touraine, ministre des affaires sociales, a ouvert la porte à d’autres propositions. Jean-Louis Malys, négociateur CFDT, précise : "On nous a présenté toutes les options, y compris la TVA sociale et la CSG."
La CSG : un outil prometteur
Instaurée en 1990, la CSG finance actuellement de manière marginale l'assurance vieillesse, se contentant d'alimenter le Fonds de solidarité vieillesse. Son potentiel de rendement est néanmoins considérable. Pierre Ramon-Baldié, directeur adjoint de l'École nationale supérieure de sécurité sociale, souligne : "En 2011, la CSG a rapporté 92 milliards à la Sécurité sociale. Un point d'augmentation pourrait générer 12,4 milliards de plus."
Un autre de ses atouts majeurs est son assiette large : elle s'applique aux salaires, mais aussi aux revenus de remplacement, tels que les retraites et le chômage, ainsi qu'aux revenus du capital. Cela fait de la CSG un levier attractif pour le gouvernement, lui permettant d'équilibrer les contributions sans pénaliser la compétitivité des entreprises. Cependant, cette stratégie pourrait avoir des conséquences négatives sur le pouvoir d'achat, un facteur crucial dans la consommation, qui constitue 57% du PIB. Éric Aubin, expert en retraites pour la CGT, alerte : "Augmenter la CSG alors qu'on cherche à soutenir la consommation est risqué."
Des perspectives incertaines
Le gouvernement examine plusieurs solutions fiscales, y compris la CRDS. Il est envisagé de n'augmenter la CSG des actifs que modérément pour financer de nouveaux droits. En ce qui concerne les retraités, l'alignement de la contribution, actuellement à 6,6%, sur celle des actifs à 7,5% semble envisageable, mais uniquement pour ceux ayant des pensions au-delà de 1 000 euros, précise Geneviève Roy, négociatrice CGPME. Malgré ces réflexions, l'incertitude demeure : "Rien n'est encore décidé," indique une source proche de Marisol Touraine, qui doit prochainement soumettre ses recommandations à Matignon.







