Echanges avec les syndicats, consultations en ligne, ateliers citoyens… Autant d’initiatives qui ponctuent l’avancement de la réforme des retraites entamée par Emmanuel Macron. L’objectif ? Réinventer le système pour le rendre plus accessible aux futurs retraités.
Promesse phare durant sa campagne, le président de la République s'engage à refondre intégralement le dispositif actuel, afin que chaque euro cotisé soit équivalent en droits pour tous. Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire en charge de la réforme, travaille avec son équipe à l’élaboration d’un système universel, lisible et équitable.
Les premières discussions ont eu lieu en avril 2018, incluant un large éventail de consultations : bilatérales avec les syndicats et réunions sectorielles. Un point d'étape a été réalisé lors d'une rencontre multilatérale le 10 octobre 2018, avec les différents acteurs concernés. Un projet de loi est attendu dans le courant de l'année 2019.
Ce qui est certain, c’est que le gouvernement ne vise pas à réduire les dépenses, mais à adapter le modèle de retraite aux évolutions professionnelles et sociétales. Et pour les actuels retraités, ce dispositif ne les impactera pas directement ; seuls ceux à plus de cinq ans de la retraite verront ces changements.
1) Une simplification radicale
Le futur système prône l’idée d’un compte unique tout au long de la carrière, avec une pension versée à la fin. Actuellement, les Français partent souvent à la retraite avec plusieurs régimes, compliquant ainsi le processus de départ à la retraite.
Par exemple, une infirmière ayant exercé dans divers statuts se retrouve avec des droits à la retraite fragmentés. Jean-Paul Delevoye souligne l’urgence d’éradiquer cette complexité, sachant que la mobilité professionnelle va croître dans les années à venir.
- Fusion de 42 régimes distincts en un système universel
- Adoption d'un système à points, similaire à celui de la retraite complémentaire actuelle
Ce modèle à points permettra à chaque actif d’accumuler des points tout au long de sa carrière, leur pension dépendra alors de la valeur de service de ces points au moment du départ à la retraite.
2) Des règles harmonisées
Le principe est simple : chaque euro cotisé doit donner des droits identiques pour tous. L’enjeu est de corriger les incohérences actuelles où deux personnes avec des carrières identiques peuvent toucher des pensions différentes selon leur statut d'origine.
Un système à points permettra d’uniformiser les méthodes de calcul entre le secteur public et privé. Cela signifie que tous les actifs, peu importe leur parcours, se verront attribuer des droits de manière équitable.
- Harmonisation des bases de calcul entre tous les statuts
- Éventuelles spécificités pour certaines professions en raison de conditions de travail pénibles
Cela inclut également une réévaluation des primes pour les fonctionnaires, intégrant ainsi tous les aspects des rémunérations dans le calcul des retraites.
3) Un régime solidaire
Le nouveau système de retraite entend également conserver des éléments de solidarité : les pensions ne seront pas uniquement basées sur les cotisations versées. Cela inclut des mécanismes tels que les minima de pension, les pensions de réversion et des droits familiaux.
Actuellement, les règles pour ces droits varient largement et créent des injustices. Par exemple, une salariée dans le privé pourrait bénéficier de 16 trimestres pour la naissance de ses enfants, tandis qu’une autre du public n'en recevrait que quatre. Cette réforme vise à unifier ces inégalités.
Un ajustement lors de la réforme pourrait également rendre certains dispositifs de soutien financier à la natalité, par exemple, financés par l’impôt, plutôt que par le système de retraites, afin de mieux cibler les défis sociaux.







