Dans le dernier Rapport mondial sur le bonheur, la Finlande est, pour la neuvième fois consécutive, élue "pays le plus heureux du monde". Pourtant, une chroniqueuse du New York Times, Molly Young, partage son expérience contrastée après un séjour à Helsinki en février 2025, remettant en question les critères de ce classement.
Sa visite en plein hiver, plongé dans l'obscurité presque totale, l'oblige à s'interroger : "Le pays le plus heureux du monde peut-il vraiment faire preuve de joie dans ses moments les plus sombres ?"
Dans les rues d’Helsinki, recouvertes de neige et de boue, Young ressent rapidement les affres de la mélancolie. "La Finlande est un pays où les enfants jouent dans l'obscurité", note le romancier Jukka Viikilä dans ses réflexions. Les jeunes, souvent cantonnés à cette pénombre hivernale, se parent de réflecteurs colorés pour se rendre visibles. Les réflecteurs, appelés heijastin, prennent des formes variées – des citrons aux animaux – apportant une touche de lumière à l'obscurité persistante.
Un classement déroutant
Le classement du World Happiness Report semble reposer sur une unique question : "Sur une échelle de 0 à 10, où vous situez-vous en ce moment ?" Chaque année, environ 3 000 personnes sont interrogées, mais la méthodologie soulève des interrogations. Young s'étonne des résultats : "L’Italie, 40e, est considérée comme moins heureuse que le Salvador, 37e. Comment expliquer cela ?"
Les pays nordiques, en tête du classement, se distinguent par des caractéristiques telles qu'une grande espérance de vie, une fiscalité redistributive, et peu de corruption, indique le rapport. Ces facteurs déterminent davantage le "contentement" que le véritable bonheur. Bien que des penseurs comme Confucius ou Aristote aient longtemps cherché à définir le bonheur, aucun consensus n’a vraiment émergé sur sa véritable nature, comme le souligne Young.
En somme, cette immersion en Finlande rappelle que l'image d'un pays heureux peut parfois masquer une réalité complexe, où la lumière de l'été peut facilement être éclipsée par l'obscurité de l'hiver.







