Le procès de Sabri Essid, jihadiste français jugé en Cour d'assises à Paris, met en lumière le sort tragique des femmes yazidies, considérées comme de simples "objets sexuels" et victimes d'un commerce inhumain. À l'origine de cette procédure historique, des témoignages poignants viennent décrire comment des femmes et filles yazidies ont été capturées par des combattants de l'Etat islamique (EI) entre 2014 et 2016.
Lors du procès, un témoin clé, Bazhad Farhan, a évoqué l'horreur dont ont été victimes ces femmes, considérées comme du "butin de guerre". La gravité des accusations soulèvent des questions fondamentales sur la nature même de ces actes de barbarie, souvent méconnus. "Il est impératif que l'histoire ne se répète pas et que justice soit faite", a-t-il déclaré, soulignant son engagement au sein de l'association Kinyat, qui œuvre pour la libération des victimes par le biais de rachats.
En infiltrant des groupes de combattants sur des plateformes comme Telegram, Farhan a réussi à libérer plus d'une cinquantaine de victimes. Ces échanges sordides s'apparentaient à un véritable marché où des annonces étaient régulièrement publiées, comme en témoigne l’indécence d'un message : "Si quelqu'un veut échanger une sabaya contre une paire d'Adidas, merci de m'envoyer un message".
L’enquêtrice de l'Office central de répression des violences contre les personnes (OCRVP) a qualifié ce réseau d'une "organisation structurée de traite des êtres humains", s’étonnant de l’échelle de cette exploitation, où des femmes étaient revendues de geôlier en geôlier, et affrontaient un calvaire inimaginable. Bazhad Farhan précise que les victimes étaient classées selon des critères de beauté, et que les femmes étaient rapidement soumises à l'idéologie islamique pour devenir, selon leurs tortionnaires, des "femmes musulmanes, mais non libres".
Les prix de ces esclaves sexuelles variaient de 3.000 à 10.000 dollars pour les femmes, tandis que les jeunes filles pouvaient atteindre jusqu'à 14.000 dollars. Ce phénomène économique terrifiant repose sur une logique de spéculation lugubre, où même de très jeunes enfants sont vus comme des actifs à revendre, renforçant ainsi l’horreur de leur situation.
Au-delà des témoignages accablants, le procès représente également un appel à la mémoire et au respect des droits humains. Les mots de Farhan résonnent avec une tristesse affligeante : "Ils n'étaient pas seulement des esclaves, mais des objets sexuels". Une réalité à laquelle le monde ne peut plus rester indifférent.







