À un jour des élections, la campagne des municipales entre dans une période de réserve, laissant les électeurs le temps de mûrir leur choix avant de se rendre aux urnes dimanche. Ce scrutin se profile sous des auspices d'incertitude dans plusieurs grandes villes françaises.
Environ 48,7 millions d'électeurs seront appelés à élire parmi près de 900.000 candidats, répartis sur quelque 50.000 listes. La Nouvelle-Calédonie donnera le coup d'envoi ce samedi à 22h00 heure de Paris, correspondant à dimanche 08h00 dans l'archipel.
Dans le marché de Toulouse, Stella, une Italienne de 32 ans, déclare que son vote dépendra davantage des programmes que des affiliations politiques. Elle se concentre particulièrement sur les enjeux des transports en commun et l'écologie de la ville. Dominique, un retraité de 80 ans, partage son sentiment et souligne la complexité d'un scrutin avec dix listes candidatures, ce qui crée une confusion sur la véritable orientation des candidats.
À Villeneuve d’Ascq, Guillaume, 47 ans, exprime son engagement à voter, jugeant l'élection essentielle malgré le contexte international tendu. En revanche, à Lille, Kevin, trentenaire dans le service public, avoue des difficultés à se reconnaître dans les partis et choisit de s'abstenir, contrairement à sa participation lors de la présidentielle de 2022.
Le scrutin municipal se déroulera selon deux dynamiques distinctes. Environ 93 % des communes, où seulement une ou deux listes sont en lice, devraient connaître leur nouveau maire dès le premier tour. Cependant, l'incertitude persiste dans de nombreuses grandes villes avec un deuxième tour prévu le 22 mars.
À Paris, Emmanuel Grégoire (PS) et Rachida Dati (Les Républicains) sont en tête des sondages. Pierre-Yves Bournazel (Horizons), Sophia Chikirou (LFI) et Sarah Knafo (Reconquête) scrutent aussi les résultats pour atteindre le seuil des 10%, espérant jouer un rôle lors du second tour en cas de victoire d'une alliance.
Les relations tendues entre socialistes et insoumis pourraient influencer des communes clés, tandis que l'extrême droite cherche à renforcer sa présence sur certaines localités pour faire tomber un cordon sanitaire.
Le Rassemblement National, ambitieux, compte s'implanter dans des villes comme Toulon, avec des ambitions surprenantes à Marseille contre le sortant Benoît Payan. Ce dernier est actuellement en tête des sondages au sein d'une coalition de gauche.
Les Écologistes, qui avaient dominé les élections de 2020, se trouvent sur la défensive dans des bastions comme Strasbourg et Lyon. Jean-Michel Aulas, homme d'affaires et candidat de droite, a longtemps figuré en tête, malgré un retour possible du maire écologiste Grégory Doucet.
Pour Renaissance, le parti présidentiel, le défi est de s'imposer dans des villes comme Bordeaux, dominées par les Écologistes, tout en cherchant à percer à Annecy.
Bien que les Insoumis se montrent prudents dans leurs ambitions, ils espèrent remporter Roubaix (Nord) et réaliser de belles surprises dans certaines localités.
Après une participation faible en 2020 due à la pandémie, l’abstention est une grande inconnue pour ce scrutin, avec des prévisions variées de la part des instituts de sondage.
Ce scrutin municipal pourrait servir de répétition pour les forces politiques à l'approche de la présidentielle de 2027. Edouard Philippe, maire d'Horizons du Havre, attend un scrutin serré avec son concurrent communiste Jean-Paul Lecoq, considérant cette élection comme un enjeu majeur pour ses aspirations présidentielles.







