Plus de 500 personnes se sont rassemblées, le 10 mars dernier, pour rendre hommage aux 1099 mineurs qui ont perdu la vie à Courrières, dans le Pas-de-Calais, suite à un coup de poussier tragique survenu le 10 mars 1906. Cette année marque le 120ème anniversaire de ce drame.
Le bilan humain reste saisissant : une inflammation due aux poussières de charbon a devasté les fosses 2, 3 et 4. Les mineurs, dont 290 enfants, ont perdu la vie dans l'explosion qui a parcouru 110 kilomètres de galeries en seulement deux minutes. À l'époque, il était commun que des adolescents, appelés galibots, travaillent dans les mines dès l'âge de 14 ans.
Pour honorer la mémoire de ces victimes et soutenir leurs familles, une cérémonie a eu lieu ce mardi 10 mars, sous une pluie battante, au cimetière de Méricourt. Jean-Pierre Kucheida, président de l'Association des communes minières de France, a déclaré, selon La Voix du Nord, "La France tout entière devrait se lever pour saluer la mémoire de ces hommes".
Des élèves de deux collèges des environs ont pris la parole pour lire des textes en hommage aux disparus, tandis que le Chœur des mineurs polonais de Douai a interprété plusieurs morceaux, tels que "Les Corons" et "L’hymne à la joie".
Des survivants retrouvés 20 jours après
Lors de cette tragique journée, les opérations de secours avaient été abandonnées au bout de trois jours, certaines parties de la mine ayant été condamnées pour contenir l'incendie et préserver le gisement. La gestion de la catastrophe par la Compagnie des mines a été fortement critiquée par les familles, qui ont subi des obsèques hâtives et des inhumations dans une fosse commune, surnommée le silo. Le directeur de la compagnie fut hué et accablé de reproches.
Vingt jours après l'explosion, treize survivants avaient été découverts, errant dans l'obscurité des galeries, tandis qu'un quatorzième miraculé a été retrouvé quatre jours plus tard. Ils avaient entre 14 et 39 ans, témoignant ainsi de la diversité des âges parmi ceux qui travaillaient dans les mines.
Colère et grève
L'émotion suscitée par cette tragédie a rapidement laissé place à la colère. Les syndicats ont organisé une grève, qui s'est graduellement étendue aux puits environnants et à tous les bassins miniers en France et en Belgique. Pour maîtriser la situation, le ministre de l'Intérieur Georges Clémenceau a mobilisé 30 000 gendarmes et soldats. Un officier de l’armée a tragiquement perdu la vie. En réponse, la Compagnie des mines a versé des dommages et intérêts aux familles des mineurs disparus et a établi des rentes annuelles. Ce mouvement social a également abouti à un cadre légal garantissant un repos hebdomadaire de 24 heures après six jours de travail.
Quelle est l’origine du coup de poussier ?
La catastrophe a été provoquée par un "coup de poussier", comme l'explique Jessica Dos Santos, du Centre historique minier de Lewarde (Nord) : "L’explosion a enflammé les poussières de charbon en suspension dans l’air, déclenchant une langue de feu qui a parcouru plus de 100 km de galeries en quelques secondes. Cela équivaut à une vitesse supérieure à celle du son, entraînant la mort des mineurs par le souffle de l’explosion, le feu et les gaz toxiques", souligne-t-elle, comme rapporté par Ici Nord.







