Le projet de repas universitaire à 1 euro, inclus dans le projet de budget 2026, suscite des inquiétudes croissantes parmi le personnel déjà sous pression à cause de l'augmentation significative de la fréquentation dans les restaurants universitaires.
Au campus Nation de la Sorbonne Nouvelle à Paris, le restaurant universitaire, d'une capacité de 350 places, est souvent submergé. Bien qu'il soit ouvert de 11h30 à 14h, il reste bondé même après 14h. Julia, étudiante, témoigne : « La file d'attente peut s'étendre jusqu'à l'autre bout de la faculté. Je suis parfois obligée de manger sur mes genoux, il y a un vrai problème de place. »
Une affluence en forte augmentation
Cette situation est représentative d'un contexte de précarité étudiante. De nombreux étudiants font face à de longues attentes devant les restaurants des Crous (Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires). Le repas à un euro est déjà proposé aux étudiants boursiers, après avoir été élargi temporairement à tous pendant la pandémie, tandis que les autres réglent 3,30 euros.
« Depuis la réintroduction du repas à un euro après le confinement, la fréquentation a augmenté de 20 à 35 % », souligne Raymond Rivière, secrétaire fédéral de la CFDT et représentant syndical au Crous d’Amiens-Picardie. Il s'inquiète de l'extension prévue en mai, déclarant que « nous ne disposons pas des ressources nécessaires pour faire face à cette hausse, c'est inquiétant. »
Des demandes des syndicats
Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, a récemment reconnu que cet élargissement était « un défi », compte tenu de la demande croissante qui pousse le personnel à servir chaque année plus de 40 millions de repas à moindre coût. Les syndicats dénoncent de mauvaises conditions de travail. La CGT, la CFDT, l’Unsa ainsi que les syndicats étudiants Unef et Fage réclament des « investissements massifs de l’État » et la « levée du gel des effectifs » pour répondre à cette situation.
Les plus de 12.000 agents travaillant dans les Crous sont déjà très sollicités, souligne Nathalie Frayon, secrétaire générale adjointe du Snptes-Unsa. « Si le niveau d’embauche reste constant, cela deviendra impraticable. » Khaled Laouar, membre de la CGT, abonde dans ce sens : « Le risque est que les étudiants en situation de précarité ne puissent plus bénéficier de ces services essentiels. »







