Orano a annoncé un accord en ce début de semaine avec la SNCF, permettant la reprise d'un trafic ferroviaire partiel pour acheminer les combustibles nucléaires usés vers l'usine de La Hague, et ce, à raison d'un train par semaine pendant la période de réparations autour de Carentan.
Depuis le 11 janvier, le Cotentin est isolé du réseau ferroviaire, conséquence d'un déraillement d'un convoi de marchandise. Cette interruption du trafic entre Lison et Cherbourg a des répercussions majeures, non seulement pour les voyageurs mais également pour l'ensemble de la filière nucléaire. En effet, toutes les centrales de France font régulièrement appel à l'usine Orano de La Hague pour le stockage et le retraitement de leurs combustibles usés, ce qui ne pouvait plus durer.
“Nous avons trouvé une solution transitoire pour assurer le transport de combustible usé une fois par semaine, contre trois en moyenne habituellement”, a déclaré Sophie Videment, porte-parole d'Orano en charge des transports. “Ce train circulera sur la voie unique encore opérationnelle”. Cette mesure vise à prévenir un éventuel stockage excessif des combustibles usés dans les piscines de refroidissement des centrales nucléaires. “Il est crucial d'organiser ces transports de manière régulière, afin de maintenir le bon fonctionnement des centrales nucléaires françaises”, a-t-elle ajouté.
Pourtant, cette stratégie ne fait que reporter un problème plus vaste, car elle n'autorise que le transport d'un tiers du volume habituel des déchets nucléaires. Pierre Barbey, président de l'ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l'Ouest), souligne les risques que cet incident soulève : “Si Orano était situé au centre de la France, la situation serait sans doute plus aisée. L'idée de localiser une telle installation dans une péninsule isolée pose question”.
Mr. Barbey insiste également sur le besoin de s'interroger sur la sécurité des transports de matériaux sensibles en cas d'accident : “Que se serait-il passé si ce jour-là, le train avait transporté des colis nucléaires hautement radioactifs ?”. Cet incident devrait inciter EDF et Orano à renforcer leur communication sur les mesures de gestion des risques liés à ces transports.
Le premier train de ce nouveau dispositif est programmé pour circuler cette semaine, offrant un répit temporaire, mais la situation reste précaire et la nécessité de trouver des solutions durables est plus pressante que jamais.







