Dans un monde où la mémoire s'efface souvent, des passionnés comme Rolland, 70 ans, cherchent à redonner vie aux histoires du passé. Le récit de son grand-père, vétéran de la Première Guerre mondiale, résonne encore en lui, bien qu'il ne garde que le mot 'tremblements' en souvenir. Ce terme évoque les bombardements qui ont marqué son enfance. Selon Rolland, 'J’aurais aimé en apprendre davantage, mais j’étais trop jeune.'
Chaque année, le salon des antiquités militaires d'Épernay devient un lieu de rencontre pour ces passionnés. Le dernier événement, qui s'est tenu au Palais des fêtes le 18 janvier, a attiré de nombreux visiteurs, dont Frédéric, le fils de Rolland. Ensemble, ils parcourent les allées du salon, en quête de cartes postales, lettres et autres documents évoquant le parcours des soldats.
Des stands comme celui de Pascal Hourblin, antiquaire normand, attirent l'attention. Pour lui, l'intérêt réside dans 'la petite histoire dans la grande'. Il recentre ses recherches sur des documents personnels, comme ceux de Robert Thomas, un résistant normand dont les sœurs ont participé à la création de faux papiers durant la Seconde Guerre mondiale. 'C'est une histoire incroyable qui mérite d'être racontée', souligne Hourblin.
Henri Desbordes, président de l'association 'Le poilu de la Marne', indique que la tendance évolue : 'De plus en plus de visiteurs cherchent des objets liés à des histoires personnelles, des correspondances qui rattachent les objets à la grande Histoire. Cet intérêt croissant pour les récits individuels aide à préserver et transmettre ce patrimoine militaire.' En 2025, ce salon avait déjà rassemblé près de 2.000 visiteurs, témoignant d'un intérêt renouvelé pour ces souvenirs chargés d'histoire.
Illustrant cette passion, des collectionneurs évoquent souvent leurs 'obsessions', qu'il s'agisse d'insignes ou d'équipements militaires. Bien que la majorité des objets proviennent de la Première Guerre mondiale, d'autres conflits, comme la Seconde Guerre mondiale ou la guerre d'Indochine, sont également représentés. Ce renouveau dans la collecte va au-delà de simples objets ; il redonne vie à des récits souvent oubliés.
En somme, le salon d'Épernay n'est pas seulement un lieu de vente, mais un véritable écrin où se mêlent mémoire et histoire.







