Le guanaco, camélidé emblématique des Andes, pourrait bientôt refaire son apparition dans les montagnes qui entourent Santiago. Ce rétablissement a pris forme grâce à un programme de repeuplement qui vise à renforcer une population en danger, conséquence du braconnage, de la perte d'habitat et de l'incursion de chiens errants.
Selon Cristián Saucedo, directeur de la vie sauvage à Rewilding Chile, l'ancien statut de cet animal aux yeux des peuples autochtones et son vécu historique dans les vallées chiliennes sont des preuves suffisantes pour vouloir le ramener. "Cet animal a toujours fait partie de notre écosystème, et son absence se fait ressentir aujourd'hui", affirme-t-il.
Actuellement, la population de guanacos dans la région métropolitaine ne dépasserait pas 400 individus. Il est crucial de rappeler que, autrefois, le nombre de guanacos sur le continent sud-américain se situait entre 30 et 50 millions. Aujourd'hui, on parle de moins de 5 % de cette population historique, la majorité vivant en Argentine, alors que seulement 10 % se trouve encore au Chili.
Ce projet pionnier, lancé en octobre, a déjà transféré seize guanacos dans différents sanctuaires naturels. Ces lieux serviront alors de centres de reproduction avant une éventuelle réintroduction dans leur habitat naturel, avec l'ambition de relâcher progressivement ces animaux dans les montagnes dans un futur proche.
"Il ne s'agit pas d'un simple lâcher d'animaux n'importe où dans la cordillère", insiste Benito González, responsable de la coordination du projet. "Un tel processus demande un long engagement avec des étapes précises. Les guanacos doivent d'abord être correctement acclimatés et leurs milieux de vie restaurés pour assurer leur survie à long terme." Au fil des années, l'objectif est d'atteindre une population stable d'environ un millier d'animaux dans chaque vallée de la région.
Les modalités de conservation incluent des actions tant 'in situ' qu''ex situ', qui visent à protéger les guanacos dans leur milieu naturel tout en garantissant leur reproduction en captivité. Les braconniers et l'expulsion des guanacos des zones de pâturage persistants sont des questions préoccupantes, mais l'apparition croissante de chiens errants pose également une menace significative. Des experts comme Claudio Orrego, gouverneur de la région métropolitaine, soulignent que le guanaco est essentiel à l'équilibre écologique et à l'identité de Santiago. "Nous devons comprendre que la ville est intimement liée à la montagne", conclut-il.
Cette initiative de repeuplement, qui implique divers acteurs allant des administrations publiques aux Universités comme celle du Chili, se veut un modèle pour d’autres projets de conservation en cours. L'avenir du guanaco dans la cordillère dépend désormais des efforts de sensibilisation, de restauration des écosystèmes et de gestion durable des ressources naturelles.







