L'obligation de se raser des pompiers du Nord suscite l'indignation

Une nouvelle directive qui soulève un vif débat parmi les pompiers du Nord.
L'obligation de se raser des pompiers du Nord suscite l'indignation
La CGT du SDIS 59 estime que cette mesure vise surtout à contrôler l'apparence des pompiers © Maxppp - Richard Villalon

Depuis le 1er janvier 2026, les pompiers du Nord doivent raser leur barbe chaque jour pour pouvoir intervenir lors des incendies. Une décision présentée par la direction du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) 59 comme une mesure de sécurité, mais qui choque de nombreux syndicats, y compris la CGT.

Marc Lehoucq, secrétaire général de la CGT au SDIS 59, exprime ses préoccupations : "Ce règlement semble être une façon de contrôler l'image des pompiers sous prétexte de normes de sécurité. Mystérieusement, en 25 ans, aucune intoxication n'a été rapportée en raison des barbes." L'argument avancé par la direction est que les barbes compromettent l'étanchéité des masques respiratoires isolants, augmentant les risques d'exposition à des particules cancérigènes.

La direction insiste sur le fait que, selon leurs données, jusqu'à 256 fois plus de particules cancérigènes sont présentes dans une barbe d'une longueur de trois jours par rapport à une peau nue. Cependant, ce point de vue est contesté par plusieurs pompiers, qui suggèrent qu'il existe des solutions moins intrusives.

Il est important de noter que Marc Lehoucq propose une alternative simple : "Nous pourrions facilement tailler nos barbes, et il existe plusieurs types de masques adaptés aux morphologies du visage. Malheureusement, le SDIS 59 ne semble utiliser qu'un seul type, ce qui limite l'efficacité de la protection." Chaque masque coûtant entre 400 et 500 €, et avec près de 7 000 agents dans le SDIS 59, la question du coût se pose également.

Les pompiers se disent prêts à se raser intégralement, mais seulement de manière occasionnelle pour des interventions spécifiques, en témoignant de l'efficacité dans des situations à risque chimique.

Les préoccupations autour du rasage quotidien vont au-delà de l'aspect esthétique. Lors d'une discussion avec des experts de la sécurité au travail, il a été souligné que l'équipement de protection, comme les cagoules, pourrait également être amélioré pour mieux filtrer les particules. "Il existe des modèles de cagoules qui filtrent jusqu'à 90 % des particules, une solution qui mérite d'être explorée", affirme un expert en sécurité.

Cette affaire pose un véritable dilemme sur la frontière entre sécurité et liberté individuelle. Les pompiers du Nord doivent se plier à cette nouvelle règle en attendant un dialogue avec la direction. Des précédents existent, comme celui d’un pompier dans le Pas-de-Calais qui a perdu un procès en 2024 sur une question similaire, ce qui laisse planer des incertitudes quant à l'issue de ce conflit.

Lire aussi

Une baignade glaciale pour le Nouvel An au lac de Rabodanges
Revivez la baignade inoubliable au lac de Rabodanges, où une vingtaine d'aventuriers ont défié le froid de 4° pour célébrer le Nouvel An.
02h09
Un hommage vibrant à Calbo, icône du rap français, s'éteint à 52 ans
Calbo, rappeur emblématique du duo Ärsenik, est mort à 52 ans, laissant un héritage indélébile dans le rap français.
4 janv.
Féminicides en Nouvelle-Aquitaine : une réalité alarmante en 2025
En 2025, la Nouvelle-Aquitaine déplore plus d'une douzaine de féminicides, un sujet qui interpelle. Découvrez les récits tragiques et l'analyse des experts.
4 janv.
La triste perte de Calbo, pilier du rap français des années 90
Le rappeur Calbo, figure de proue du rap français et membre du duo Ärsenik, est décédé à 52 ans, laissant un héritage musical inestimable.
4 janv.
La brasserie Héol dévoile sa bière d’hiver au miel local
La brasserie Héol présente sa première bière d'hiver au miel local à Séné dans le Morbihan, alliant tradition et innovation.
4 janv.
Un plongeon festif pour célébrer le Nouvel an au Grau-du-Roi
Découvrez l'événement festif du premier bain de l'année au Grau-du-Roi, où près d'un millier de participants se sont jetés à l'eau malgré les températures glaciales.
4 janv.