Cette canicule bat tous les records, annonçant des températures qui dépassent régulièrement les 40 °C sur l'ensemble du territoire. Ce seuil qui paraissait inimaginable encore au XXe siècle laisse désormais entrevoir une réalité inquiétante : le franchissement des 50 °C dans un avenir proche. Les climatologues ne l'excluent pas.
Une future réalité, certes encore éloignée, mais à la portée des événements météorologiques actuels. Météo-France prévoit des pics au-delà de 40 °C lors de cette vague de chaleur, incitant à la vigilance rouge dans 54 départements, comme l’a rapporté 20 Minutes le 23 juin. Cependant, la question persiste : assisterons-nous réellement à des températures supérieures à 50 °C ? Pour l’instant, cette canicule ne devrait pas atteindre ce seuil. Pascal Yiou, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE), évoque un précédent avec les 49,3 °C atteints en Colombie-Britannique, rappelant que la combinaison de conditions climatiques spécifiques est nécessaire, notamment des hautes pressions, un ciel dégagé et un flux d'air chaud.
Malheureusement, ces conditions ne sont pas fréquemment réunies en France. "C'est pourquoi les 50 °C ne sont pas encore une réalité. Nous pourrions atteindre 42 ou 43 degrés, mais il est difficile d’aller au-delà," précise Yiou. L'humidité du bassin méditerranéen joue ici un rôle crucial : l'air chaud, moins dense, s'élève et se refroidit au contact de l'air humide, entraînant des précipitations et des orages qui, bien que bénéfiques pour abaisser temporairement la température, augmentent également la sensation de chaleur. "Cette humidité rend les températures nocturnes moins agréable. Il est important de se rappeler que la situation pourrait empirer," rappelle l'expert.
Quelles solutions pour éviter les 50 °C ?
Pour contrer cette réalité, Pascal Yiou souligne l’importance de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Améliorer l'isolation des logements se présente comme une priorité, afin de mieux gérer la chaleur estivale et le froid hivernal tout en diminuant la consommation d'énergie pour le chauffage ou la climatisation.
Magali Reghezza-Zitt, géographe et ancienne membre du Haut Conseil pour le climat, partage cette vision et appelle à la décarbonation comme solution efficace. Dans son livre, Bienvenue en 2055, Dans un monde neutre en carbone (Seuil), elle affirme : "Nous devons impérativement agir maintenant pour décarboner nos sociétés. Les solutions sont déjà disponibles, accessibles, efficaces et économiquement viables."







