Des personnalités lancent un appel mobilisateur. Dans une lettre parue dans Le Parisien le 22 juin, environ cinquante personnalités interpellent les parents des élèves de France pour que le film “L’Abandon”, centré sur les derniers jours de Samuel Paty, soit projeté dans les collèges et lycées. “Il est crucial que ce film soit visionné par ceux qui sont l’avenir du pays : vos enfants”, écrivent les auteurs de la lettre.
Cette initiative regroupe des figures bien connues telles que l’écrivaine Tristane Banon, la journaliste Estelle Denis, l’actrice Sonia Rolland, la directrice de Franc-Tireur Caroline Fourest, l’acteur Maurice Barthélémy, l’animatrice Karine Le Marchand, ainsi que le médecin Michel Cymes. Ils encouragent les parents et les associations à soutenir les efforts des enseignants qui voudraient organiser des projections et des discussions autour de ce film.
Un film sur les derniers jours de Samuel Paty
Réalisé par Vincent Garenq, “L’Abandon” retrace les onze derniers jours de Samuel Paty, un professeur d’histoire-géographie tragiquement assassiné le 16 octobre 2020. Le long-métrage aborde les menaces et campagnes de diffamation dont il a été la cible après avoir animé un cours sur la liberté d'expression, où il avait montré des caricatures de Mahomet issues de Charlie Hebdo.
Les signataires estiment que ce film rappelle aux élèves que la laïcité ne se limite pas à un concept théorique mural, mais est une protection essentielle. Ils soulignent également l'isolement de nombreux enseignants face à l'enseignement des enjeux liés à la liberté d’expression.
“Un acte de lucidité nationale”
Les auteurs de la lettre relèvent que bien que le ministère de l'Éducation nationale puisse faciliter les projections, il ne doit pas délester les enseignants de la responsabilité de leurs choix éducatifs. Ils invitent donc les parents à suggérer des projections dans leurs établissements.
Les enseignants peuvent inscrire leur classe sur le site zérodeconduite.net pour organiser des projections près de leur école. Pour les rédacteurs de la lettre, soutenir cette initiative serait “non pas un geste politique”, mais “un acte de lucidité nationale”, signifiant ainsi aux enseignants qu’ils ne sont pas seuls dans cette démarche éducative.







