Une récente enquête menée par la Dares, le service statistique du ministère du Travail, met en lumière la réalité du quotidien des apprentis en France. Publiée le 17 juin, cette étude révèle que plus de deux tiers des apprentis, notamment ceux en formation de niveau CAP à Bac+2, effectuent des heures supplémentaires. En parallèle, 84 % des jeunes interrogés sont confrontés à au moins un facteur de pénibilité, selon les résultats obtenus sur un échantillon de plus de 8 000 apprentis entrés en formation en 2018.
Précisément, 67 % des apprentis déclarent travailler au-delà de leurs heures classiques, un chiffre qui atteint même 71 % chez ceux des métiers de bouche. Pour une partie significative d’entre eux, environ 25 %, ces heures supplémentaires ne sont pas compensées. L’étude souligne que "les apprentis exerçant dans ces métiers font état de fortes contraintes horaires et d'un intense rythme de travail, avec un temps de repos court". Ces observations ont été corroborées par des témoignages d'apprentis dans des secteurs exigeants.
Une majorité d'apprentis exposés à un facteur de pénibilité
De nombreux apprentis, particulièrement ceux des métiers de bouche et des services aux particuliers, sont également soumis à des horaires atypiques : travail le week-end, au petit matin, ou tard le soir. En outre, 63 % des répondants se disent exposés à plusieurs facteurs de risques, y compris des émissions de fumées, des bruits excessifs, et des variations de températures extrêmes. Les jeunes travaillant dans des structures petites ou moyennes, de moins de 250 salariés, sont souvent les plus touchés.
Malgré ces conditions souvent pénibles, la satisfaction au travail demeure élevée : 96 % des apprentis se déclarent contents de l'emploi qu'ils occupent, tandis que 87 % apprécient leur bien-être physique. Toutefois, un constat préoccupant émerge : 42 % d'entre eux se retrouvent à exécuter des tâches que d'autres refusent d'effectuer. Dans certains secteurs comme la vente, la gestion, ou les services à la personne, la satisfaction est moins marquée, souvent en raison d'une inadéquation entre les tâches demandées et le niveau de qualification des apprentis. Cette dichotomie met en lumière la nécessité d'une réflexion approfondie sur les conditions de travail et de formation en apprentissage.







