À partir de 2026, les Eurockéennes de Belfort ne compteront plus sur le travail des bénévoles dans leurs points de vente, y compris les buvettes. Une décision qui a de lourdes répercussions pour les associations locales qui, jusqu'à présent, bénéficiaient financièrement de l'engagement de leurs bénévoles sur le festival.
Lors d'un point presse, Jean-Marc Rolland, directeur du festival, a précisé : « Cela n'affecte pas vraiment les Eurockéennes sur le plan financier. En revanche, cela impacte considérablement les associations ». Jusqu'à l'édition précédente, une compensation avait été allouée aux associations par les Eurockéennes pour le travail des bénévoles.
Depuis 2018, le système de bénévolat avait été en place, mais l'inspection du travail a récemment durci ses exigences. Rolland a affirmé : « Nous sommes à la fois surpris par ce revirement et par les interprétations variées qui existent selon les festivals nationaux. Nous ne sommes pas tous traités de la même manière. »
Un coup dur pour les finances des associations
Le festival projette de recruter environ 250 salariés, issus des anciens bénévoles. Toutefois, ces derniers n'ont aucune obligation de reverser leur salaire aux associations, et le recrutement de volontaires se révèle plus complexe. Le fait de devenir salarié, même pour un week-end, pose des questions administratives, notamment fiscales.
Les associations qui ont traditionnellement collaboré avec les Eurockéennes, environ soixante au total, se trouvent confrontées à une perte significative de revenus, estimée entre 30.000 et 50.000 euros, qui n'ira plus dans le tissu associatif local.
Des dirigeants d'associations, comme Maud Guth des Z'amis Môtieux, une culture locale, soulignent l'impact direct sur leurs activités : « En général, nous récoltions entre 2.200 et 2.400 euros, ce qui nous permettait de financer des voyages scolaires ». Selon elle, cette somme représente finalement une classe en moins financée pour l'année scolaire.
Des conséquences pour l'organisation des activités
Le club de badminton d'Héricourt réagit aussi, précisant que le festival était une source vitale de revenus, estimant à 2.500 euros les sommes recueillies : « Cela était essentiel pour l'achat d'équipements et la récompense de nos jeunes. » Vincent Coeurdacier, un membre du club, témoigne de la solidarité créée par le fait de travailler ensemble au festival, une expérience que ses licenciés attendaient chaque année.
Cette situation a laissé plusieurs de ces responsables d'associations songeurs : « Nous restons un peu bouche bée », conclut Coeurdacier. Ce changement, qui est encore sous le coup des désapprobations, a incité certains à tenter d'interpeller l'administration en écrivant à la préfecture.
Dans une période où le soutien aux structures locales est plus crucial que jamais, on peut espérer que des discussions seront engagées pour trouver des solutions durables, tant pour les Eurockéennes que pour les associations intégrées dans cette belle aventure.







