Le drame autour du décès tragique de la petite Lyhanna, retrouvée sans vie le 4 juin, soulève une émotion intense et provoque une onde de choc au sein de la société française. Le principal suspect, Jérôme Barella, avait déjà été signalé pour plusieurs agressions, suscitant une profonde défiance envers la justice. Cette situation a ravivé un appel à des mesures plus strictes et à une restauration de la peine capitale.
Selon un sondage CSA commandé par Europe 1, CNews et le JDD, 68 % des Français se disent favorables à un référendum sur le rétablissement de la peine de mort pour les crimes aggravés, en particulier ceux envers les enfants. Ce soutien massif transcende les clivages habituels, avec un taux d'approbation de 66 % chez les hommes et de 70 % chez les femmes. Cependant, une différence d'opinions se fait sentir selon les générations, 90 % des jeunes âgés de 18 à 24 ans soutenant une telle consultation, alors que les personnes de 65 ans et plus semblent plus hésitantes, avec seulement 54 % d'accord.
Une opinion publique polarisée selon les affiliations politiques
La question du référendum sur la peine de mort apparaît comme un sujet fédérateur à droite : 95 % des partisans du Rassemblement national et de Reconquête s’y déclarent favorables, accompagnés de 74 % des sympathisants des Républicains. En revanche, le camp du président Emmanuel Macron se montre plus partagé, avec seulement 51 % en faveur. Du côté de la gauche, la prudence prédomine, avec un soutien limité à 46 %. Notamment, 57 % des partisans de La France insoumise sont en faveur, alors que 60 % des socialistes et 63 % des écologistes s’y opposent.
Quarante-cinq ans après l’abolition de la peine de mort, portée par Robert Badinter, il semblait que le sujet fût clos. Toutefois, la forte adhésion de l’opinion publique redonne vie à un débat que la classe politique peine encore à aborder, surtout à dix mois des élections présidentielles de 2027. Les conséquences sociales de l'affaire Lyhanna pourraient donc faire naître une réflexion approfondie sur la réouverture de ce dossier sensible. D’autres observateurs notent également que cette dynamique pourrait forcer les responsables politiques à reconsidérer leur position face à la demande citoyenne.







