Un ancien coéquipier de Yannick Barella, proche du principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, livre un récit poignant sur un homme marginalisé, aux prises avec ses addictions. « On n'aurait jamais imaginé de telles allégations », confie-t-il, alors que Yannick est récemment visé par des accusations de viols sur anciens partenaires, avec en vue une plainte déposée par une ex-compagne, qui révélait des actes violents sur une période prolongée.
Rémy, le prénom modifié pour des raisons de confidentialité, a côtoyé Yannick durant trois mois sur un chantier à Fleurance, à proximité de l'établissement où Lyhanna était élève. Il le décrit comme un homme « un peu reclus » aux « humeurs changeantes », luttant contre des dépendances visibles. Sa description rappelle un individu vivant dans la précarité : « Il avait un manteau kaki, troué, et semblait toujours porter les mêmes vêtements, comme s'il dormait dedans », se remémore Rémy.
Peu enclin à partager des éléments de sa vie personnelle, Yannick Barella a cependant laissé transparaître un vécu difficile. « Son visage était marqué », ajoutait Rémy, soulignant les effets visibles de ses luttes intérieures, notamment liées à la drogue et à l'alcool. « Parfois, il arrivait le matin avec des yeux fatigués », témoigne-t-il.
Un homme aux humeurs oscillantes
La personnalité de Yannick était perçue comme « lunatique » par ses collègues. Bien qu'il n'ait pas montré de comportements agressifs, ses sautes d'humeur trahissaient une fragilité. « Il pouvait sourire le matin, mais somber au milieu de la journée, un peu comme un état de gueule de bois », décrit Rémy. Cette dynamique soulève des inquiétudes sur le bien-être mental de l'individu et ses luttes internes, alimentant un cercle vicieux de souffrances.
Les aveux de Rémy éclairent le parcours de Yannick Barella, désormais sous le feu des projecteurs après des accusations graves qui interpellent la société. Les experts appellent à une attention renforcée sur les questions de santé mentale et de soutien aux personnes à risque, comme l’indiquait récemment le sociologue Pierre Durand dans une interview accordée à Le Monde.







