Près d’un million de retraités français se retrouvent avec des pensions inférieures à celles auxquelles ils ont droit, en raison d’un manque d’information et du caractère non automatique des versements.
En 2023, ce sont treize millions d'euros qui ont été versés à des retraités ayant négligé de revendiquer tous leurs droits issus des régimes obligatoires (général et complémentaires), selon le dernier rapport de l'Union Retraite, un organisme dédié à la transparence du système de retraite en France. Ce constat met en lumière un nombre élevé d’assurés en situation de non-recours total ou partiel.
À cela s’ajoutent 20 millions d'euros de pensions mensuelles versées après régularisation, une opportunité précieuse pour ces retraités souvent méfiants de leur situation.
un afflux de non-recours parmi les assurés
Une étude de l’Assurance retraite publiée en 2024 révèle que 940 000 assurés de 70 à 90 ans sont concernés par ce phénomène de non-recours. Parmi eux, 340 000 bénéficient d’une pension d’un autre régime et 600 000 ne perçoivent rien du tout. En France, le droit à la retraite fonctionne sur un principe de demande active, obligeant ainsi les assurés à faire leurs propres démarches pour recevoir ce qui leur est dû.
Ce besoin d’initiative et de suivis administratifs signifie que des centaines de milliers de personnes échappent à leurs droits, même après avoir cotisé durant toute leur carrière.
des pertes significatives pour les retraités concernés
Face à ce constat, l'Union Retraite, fondée en 2014, renforce ses efforts pour améliorer l’accès à l’information. En 2024, elle a lancé plusieurs campagnes ciblant les générations de retraités les plus touchées, envoyant ainsi 160 000 courriers aux assurés de 70, 74 et 75 ans, identifiés comme potentiellement non-recourants.
Néanmoins, la problématique s’étend à toutes les générations. Les autorités appellent donc à un droit renforcé à l’information pour que chacun puisse revendiquer ses droits. Selon une étude de la DREES, les retraités en non-recours partiel perdent en moyenne 40 euros bruts par mois, tandis que ceux totalement non-recourants passent à côté de 180 euros bruts par mois.







