En 2024, la France a enregistré l’arrivée de 314.000 immigrés, marquant une baisse par rapport aux années précédentes (347.000 en 2023). Selon les données de l’Insee, cette diminution est principalement due à un afflux réduit d’Ukrainiens, bien que les niveaux d’immigration restent comparables à ceux d’avant 2020.
Cette baisse de 10 % des entrées d’immigrés toutes origines confondues est significative. Les statistiques révèlent une diminution encore plus marquée parmi les immigrés européens, avec un recul de 13 %, suivie par une réduction de 9 % chez ceux venus d’Afrique et de 10 % d’Asie. Ces chiffres contrastent avec une année record en 2022, où 375.000 immigrés avaient été comptabilisés, amenant un besoin urgent de réévaluation des politiques migratoires.
D’après Marc Touati, économiste, cette variation des flux est en partie une conséquence de l’invasion de l’Ukraine, qui a entraîné une augmentation massive des arrivées ukrainiennes en 2022. Cependant, avec la guerre ayant passé son cinquième anniversaire, le nombre d’entrées a logiquement diminué, notamment chez les Ukrainiens, qui sont tombés à environ 5.800 en 2024, un chiffre qui reste néanmoins supérieur à celui d’avant le conflit.
En observant les tendances migratoires sur la dernière décennie, l’Insee souligne que bien qu’il y ait des fluctuations, les chiffres de 2024 se rapprochent des niveaux de 2019, avec 313.000 entrées notées cette année-là. Pendant les deux années de crise sanitaire, 2020 et 2021, la France avait connu une chute significative des entrées, avec respectivement 371.000 et 387.000 immigrés.
Les experts s’accordent à dire que le solde migratoire, qui inclut les départs, est essentiel pour donner un tableau plus complet des mouvements migratoires. Bien que ce chiffre ne soit pas encore disponible pour 2023 et 2024, l’Insee prévoit une baisse du solde migratoire pour 2023, en raison d’un nombre d'entrées inférieur à celui de 2022.
Malgré cette baisse, les flux migratoires en France demeurent importants, représentant une hausse de plus de 30 % par rapport aux années 2000. Les dernières analyses indiquent que la population immigrée a crû de 277.000 en 2022, tandis que celle des non-immigrés n’a augmenté que de 44.000, témoignant de l’importance croissante de l’immigration dans la dynamique démographique française. Cette tendance préfigure des enjeux économiques et sociaux notables pour les années à venir.







