Laurianne, mère de trois enfants d’un précédent mariage, a été accueillie par les cinq enfants de son mari, veuf depuis peu. Chaque année, malgré les défis initiaux, ils lui souhaitent une joyeuse fête des mères. "C'est une fierté" pour elle, qui a su façonner un véritable "cocon familial" près de Cognac (Charente-Maritime).
Surmonter les craintes
Au départ, Laurianne accueillait cette nouvelle configuration avec une certaine appréhension. "Je craignais de ne pas être à ma place, de devenir la mauvaise belle-mère, la cinquième roue du carrosse", se souvient-elle. Ce phénomène n'est pas isolé ; Fiona Schmidt, journaliste et auteure du livre Comment ne pas devenir une marâtre, souligne la persistance de cette image négative véhiculée, notamment dans les contes.
Aujourd'hui, Laurianne reconnaît qu'il lui a fallu de la résilience. Bien qu'elle ait parfois eu des divergences sur l'éducation avec leur mère, sa relation avec les enfants s'est épanouie. "Je m’implique réellement dans leur vie ; ils se tournent vers moi en cas de besoin. J'ai même contribué à leurs mariages et je me sens honorée d'être considérée comme leur grand-mère par leur futur enfant", confie-t-elle.
"La maternité ne se réduit pas à une question de lien de sang, mais de présence et d'affection", observe le philosophe Maxime Rovère aux micros de France Inter.
Des liens qui perdurent
Ambre, 21 ans, est un exemple de liaison fraternelle durable. Bien qu'elle et son père se soient séparés d'Ornella, sa belle-mère, elle continue de la voir régulièrement, la qualifiant de "deuxième maman". "C'était une confidente, je me sentais plus à l'aise de lui parler de certains sujets", partage-t-elle.
Pour Ornella, il est naturel de rester proche de ses enfants, malgré la fin de sa relation avec leur père. "Je suis toujours là pour eux, et ils m'appellent lorsqu'ils ont besoin d'aide", dit-elle, soulignant l'importance d’un engagement constant, même après une séparation.
Construire des souvenirs
Lady, une autre belle-mère de 36 ans, a aussi forgé des liens intimes avec les enfants de son conjoint. Après avoir surmonté les doutes initiaux, elle a inventé des activités créatives avec eux, créant ainsi des souvenirs précieux. "Ensemble, nous avons fabriqué des cabanes et des masques, des souvenirs qu’ils chérissent encore aujourd'hui", raconte-t-elle.
Ensemble, elles se battent contre les stéréotypes en prouvant qu’un lien affectif réside au-delà des liens biologiques. Lady conclut avec humour : "Pour l’instant, ils sont formidables, mais je ne me sens vraiment pas prête pour la crise d’adolescence".







