À Serres-Gaston, Jean-Paul Dumartin s'apprête à assurer la sécurité des cyclistes lors de la septième étape du Tour de France, qui se déroulera entre Hagetmau et Bordeaux. Avec une expertise acquise au fil des années, cet agriculteur se distingue par sa mission peu ordinaire : fournir des bottes de paille, une tâche qu'il a déjà relevée à quatre reprises auparavant.
Pour préparer cette tâche, Jean-Paul utilise son tracteur et sa presse à paille. Il décrit le processus en ces termes : "J'embraille la prise de force du tracteur et après je monte en régime pour garantir un rendement optimal". Les bottes de paille, spécifiquement dimensionnées à 36 centimètres de haut, 46 de large et 90 de long, doivent respecter des normes strictes permettant leur insertion dans des housses de signalisation fournies par l'organisation du Tour.
Ces bottes, louées à un tarif symbolique de 2 à 2,50 euros chacune, seront disséminées le long du parcours, aux endroits stratégiques comme les virages serrés et les zones à risque. “Elles sont là pour protéger les coureurs en cas de sortie de route”, précise l'agriculteur. Son bilan est à ce jour impeccable : aucun cycliste n’a terminé sa course dans ses bottes de paille.
Pour Dumartin, cette activité est moins une question de profit qu’un véritable plaisir : "C’est une manière de participer à cet événement emblématique". Au-delà de la compétition, ses bottes de paille serviront également à d'autres occasions, comme des mariages ou des courses de caisse à savon, si elles ne sont pas endommagées.
Dans un esprit de durabilité, il ajoute avec un sourire : "Tout se transforme en agriculture". Au risque d'un accident imprévu, une botte endommagée pourrait même être recyclée pour profiter à ses poules. Cette philosophie de réutilisation est au cœur de ses valeurs, et souligne son engagement à la fois envers l'agriculture et le sport.







