Félix Bingui, figure centrale du clan Yoda, comparaît actuellement devant le tribunal correctionnel de Marseille avec 19 co-prévenus. Cette audience s'étendra jusqu'en juin, où ils seront jugés pour des accusations graves telles que trafic de stupéfiants, blanchiment et association de malfaiteurs. En 2023, les Yoda ont subi une défaite face à la DZ Mafia, aggravant leur combat pour le contrôle du commerce de drogue à Marseille.
Le procès, accueillant les derniers représentants de ce clan en déclin, a débuté le 18 mai et se déroulera sur trois semaines. Le tribunal, spécialisé dans la criminalité organisée, a mis en place un dispositif de sécurité accru pour faire face à la tension potentielle entourant cette affaire, surtout après les violences liées à la rivalité entre les Yoda et la DZ Mafia.
Lors de l'extradition de Bingui, réalisée depuis le Maroc en janvier 2025, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a qualifié l'individu de « l'un des plus gros narcotrafiquants français ». À seulement 35 ans, Bingui affiche déjà un casier judicaire alarmant, comportant 13 mentions pour des crimes liés à la drogue, le vol et la détention d'armes. Sa dernière condamnation a eu lieu en octobre 2024, où il a purgé une peine de six mois.
Un réseau "particulièrement organisé"
Bingui, également surnommé "Le Chat", est accusé de diriger un vaste réseau de narcotrafic, principalement aux abords de la cité de La Fontaine dans le 14e arrondissement de Marseille. Les enquêteurs évoquent des points de vente qui demeuraient actifs chaque jour, stoppés uniquement lors des interventions policières. L’infrastructure dont disposait Bingui, avec des appartements servant de cache pour les armes ou drogues, ainsi que recours à des communications cryptées, souligne la sophistication de son organisation criminelle.
La rivalité avec la DZ Mafia aurait entraîné 35 « narchomicides » en 2023, et l’assassinat d’Omar Benchicha, beau-frère de Bingui, a intensifié la lutte pour le territoire, forçant plusieurs membres survivants à fuir. Selon certains témoignages relayés par L'Humanité, le réseau de Bingui était tenu par un petit groupe de proches, indiquant une hiérarchie bien établie couplée à une volonté de maintenir le contrôle à tout prix.
Actuellement incarcéré dans une prison ultra-sécurisée à Vendin-le-Vieil, Bingui réfute les accusations à son encontre et est, par ailleurs, visé par une nouvelle mise en examen pour complicité de tentative d'assassinat, une affaire distincte qui est encore en cours d'instruction.







