Péniblement stoïque lors de l'annonce de son verdict, Jack Sion, un homme de 79 ans, a été reconnu coupable de viols sur trois femmes.
Sa première peine, huit ans, avait été prononcée en 2021, mais, en appel, la cour a décidé d'aggraver la sanction, favorisant ainsi les recommandations de l'avocate générale.
Une méthode de manipulation
La cour a fait émerger un modus operandi sophistiqué, fruit de plusieurs années de manigances. Sion se faisait passer pour un trentenaire, utilisant des photos d'un mannequin de la marque Marlboro pour séduire ses proies.
Après des échanges sur des plateformes de rencontres, il parvenait à gagner la confiance de ses victimes, les conviant chez lui, souvent en les incitant à se bander les yeux à leur arrivée, avant d'agir dans l'obscurité.
L'un des témoignages poignants vient d'une victime qui, en retirant son bandeau, a découvert la supercherie, s'échappant alors et allant porter plainte. "Au départ, sa plainte a été rejetée, considérée comme consentante. J’ai donc pris l’initiative de contacter le procureur de la République de Nice, qui a jugé bon d'ouvrir une enquête," a précisé son avocat, Me Mohamed Maktouf, à BFMTV.
Les investigations ont révélé que cette manœuvre, qualifiée de "viol par surprise", avait conduit Sion à tromper de nombreuses femmes, totalisant jusqu'à 24 victimes identifiées depuis 2009.
Les victimes étreintes par l'émotion
Durant le procès, Sion a véhémentement prétendu que ses rapports étaient consensuels, décrivant cela comme un jeu. Cependant, la décision judiciaire a provoqué une onde de choc parmi les victimes, certaines fondant en larmes, libérées d'un poids après tant d'années d'incertitude.
"C'est une peine satisfaisante. Justice a été rendue aux victimes. Ce verdict est une reconnaissance pour toutes celles qui ont souffert à cause de Jack Sion," a déclaré Me Mohamed Maktouf après le jugement.
Les parties civiles se sont dites soulagées d'obtenir cette reconnaissance officielle. En dépit de l'appareil à oxygène qui l’accompagne, le septuagénaire a quitté le tribunal escorté par la police en vue de son incarcération instantanée. Il dispose de dix jours pour envisager un pourvoi en cassation, y compris la possibilité d’une demande d’aménagement de peine.







