«Nous faisons ce podcast pour garder en mémoire l'histoire des Juifs pendant la guerre. Nous voulons que ces personnes restent dans nos mémoires et celles des générations futures», déclarent Gonçalo et Robin, élèves de CM1 et CM2 de l’école de Nérigean, un petit village de Gironde. Ces jeunes ont décidé de célébrer la mémoire de ceux qui ont souffert pendant la Seconde Guerre mondiale à travers le Concours départemental de la Résistance et de la Déportation, établi en 1961 pour évoquer les héros et les victimes de ce conflit tragique.
Pour réaliser leur podcast, ces élèves ont endossé le rôle de journalistes. «Je fais la journaliste et Héloïse répond à mes questions», raconte Lexie, tandis que Franchesca parle d'un reportage de terrain. «Nous sommes allés aux Archives départementales de Bordeaux où nous avons rencontré Monsieur Colbus qui nous a présenté les papiers anciens que devaient porter les Juifs» indique-t-elle.
Les enfants, soucieux de respecter la mémoire de ceux qui ont été déportés, ont également eu l'opportunité de recueillir le témoignage de Simon Gotlib, dernier survivant de la rafle des Juifs de Branne en juillet 1942. «Quand il parlait, il avait les larmes aux yeux, on sentait toute la douleur», se souvient Mélissa. À 92 ans, vivre cette expérience reste gravé dans sa mémoire.
Simon retrace alors les événements tragiques : «C'était en 1942, au mois de juillet. La police est venue frapper à notre porte. Je n'ai jamais revu mes parents, ils ont été envoyés à Auschwitz. Mon frère m'a sauvé en m'emmenant se cacher». Ce début d'évasion a impliqué un acte héroïque, une action que les jeunes d'aujourd'hui cherchent à mettre en lumière.
Céline Saint-Jouan, la directrice de l'école, souligne l'importance d'aborder l'histoire de cette manière, «Cela fait partie de notre programme scolaire, mais il est crucial de transmettre cette histoire d'une manière qui captive l'intérêt des élèves». Évoquant ses propres souvenirs d'enfance à Tulle, elle rappelle : «J'ai toujours été sensibilisée à cette période, et j'estime que c'est notre devoir de transmettre ce savoir aux jeunes générations».
Alors que la date limite du concours approche, les écoliers de Nérigean s'investissent pleinement pour offrir un tribute respectueux, témoignant ainsi de l'importance de la mémoire collective dans un contexte historique souvent difficile. Leurs efforts seront révélés lorsque le jury délibérera en juin.







