Connue localement sous le nom de "la gare aux betteraves", la gare TGV Haute-Picardie, nichée entre Amiens et Saint-Quentin, attire chaque année environ 400 000 voyageurs, soit moins de 7 millions que sa voisine, la gare d'Amiens.
Au cours de l'année passée, des élus du Département et du Grand Amiénois ont exprimé leur inquiétude face à la réduction des arrêts et à ce qu'ils jugent être une incohérence dans certaines dessertes. En réponse, une initiative a été lancée en février dernier permettant de réduire les péages ferroviaires pour les trains s'arrêlant dans des villes moins fréquentées. Cela inclut vingt-sept gares, parmi lesquelles TGV Haute-Picardie.
Un tiers de train en moins
Le nombre d'arrêts quotidiens à la gare est tombé de vingt-deux en 2011 à quatorze cette année. Gilles Laurent, président de la Fédération nationale des usagers des transports dans les Hauts-de-France, s'inquiète de cette tendance. Cependant, il considère que la baisse des péages est une mesure positive. "C'est une compensation logique pour éviter l'abandon de ces gares. Les opérateurs pourraient être tentés d'ignorer les arrêts intermédiaires au profit des trajets directs comme Paris-Lille. Cette mesure pourrait donc encourager de nouvelles dessertes," explique-t-il.
À cette optimisation des tarifs s'ajoute l'émergence de nouveaux opérateurs. Kevin Speed, avec ses trains Ilisto, devrait débuter son service en 2028, proposant des trajets toutes les heures entre 6 heures et 22 heures reliant Paris à Lille en passant par la gare TGV Haute-Picardie. Toutefois, Jérôme Grange, directeur général de l'agence de développement et d'urbanisme du Grand Amiénois, exprime des réserves. "Pour un habitant d'Amiens, le trajet vers la gare prend 35 minutes, suivi d'un voyage d'une demi-heure, soit un temps de trajet similaire à celui des TER entre Amiens et Paris," déplore-t-il. Pour lui, sans changement significatif de la fréquentation, il est peu probable que la gare puisse prospérer dans l'avenir.







