Pourquoi mon bébé ne dort-il pas ? Quand fera-t-il ses nuits ? Ces questions hantent les jeunes parents. La psychologue bordelaise Héloïse Junier, mère elle-même, apporte des réponses dans son ouvrage Le Sommeil du jeune enfant.
Selon Junier, le sommeil des jeunes enfants soulève un véritable phénomène socioculturel. "Dès la naissance, la pression est forte pour que l’enfant 'fasse ses nuits'. Cette question est souvent posée par l'entourage", explique-t-elle. Ce mythe de l'enfant endormi à 12 heures d'affilée peut rendre les nuits des parents beaucoup plus difficiles, il vaut mieux comparer ces nuits à celles des adultes en tenant compte des caractéristiques naturelles du sommeil des tout-petits.
En effet, le sommeil des jeunes enfants est tout sauf linéaire. "Les cycles de sommeil des bébés sont plus courts, entrecoupés de nombreux microréveils", rappelle Junier. Mais pas d'inquiétude, au fur et à mesure de leur croissance, ces cycles s'allongent et les réveils se font moins fréquents. Des études de l'Institut National de la Santé montrent qu'avant 2 ou 3 ans, le sommeil lent et profond reste encore peu développé.
Quand peut-on affirmer qu’un enfant fait ses nuits ? "Les recherches définissent cela par un sommeil ininterrompu de 6 à 8 heures, bien en deçà des 12 heures généralement espérées par les parents", souligne-t-elle. Cette norme varie selon les scientifiques, certains estimant qu’une maturation s'effectue vers 6 ou 7 ans. Toutefois, l’attente peut être frustrante pour les parents qui doivent apprendre la patience en ce sens.
Mais quelles idées reçues circulent sur le sommeil des enfants ? "Il est souvent conseillé de laisser les bébés pleurer pour qu'ils apprennent à s'endormir seuls. Toutefois, cette méthode peut nuire au lien d'attachement essentiel entre l’enfant et l’adulte", constate Junier, rejoignant des avis partagés par des spécialistes du domaine.
Quant à la pratique du cododo, celle-ci représente pour Junier un aspect naturel de la parentalité, même si elle suscite des controverses en France : "Il devrait appartenir à chaque famille de décider de son mode de sommeil sans culpabilisation", déclare-t-elle. Les rituels de sommeil, eux, sont cruciaux : "Ils permettent de réduire l'anxiété de l’enfant et d'améliorer la qualité du sommeil".
Pour favoriser le sommeil, Junier insiste sur la chronobiologie. Priorisez un environnement apaisant : diminuer la lumière, réduire le stress avec des moments de détente et réguler la température de la chambre. Des études corroborent que ces simples ajustements peuvent transformer les nuits agitées en véritables sommeil réparateur.
Si un conseil devait être donné aux jeunes parents, ce serait de ne pas avoir trop d’attentes quant à la rapidité du sommeil : "Chaque enfant est unique. Accepter les hauts et les bas des nuits parentales peut grandement faciliter cette nouvelle étape de vie. Rappelez-vous, tout passe", conclut-elle.







