La perte de Nathalie Baye a suscité une grande tristesse en Creuse, notamment à Vallière, où l'actrice avait une maison pendant près de trente ans. Sa présence marquante dans la vie locale a laissé des souvenirs indélébiles.
Ce lundi, Lili Keller-Rosenberg, âgée de 93 ans et rescapée de camps de la mort, a rencontré des collégiens et lycéens d'Aubusson pour partager son parcours de vie à l'occasion de la sortie de sa bande dessinée. Depuis des décennies, elle s'engage à raconter les horreurs de la Shoah, en mettant particulièrement l'accent sur la sensibilisation des jeunes générations.
Originaire de Roubaix, sa famille a été arrêtée en octobre 1943. Après un passage par les prisons de Lille et de Bruxelles, ils ont été envoyés vers l'antichambre des camps, la caserne Dossin. En décembre de la même année, ils sont déportés en Allemagne et victimes de la séparation, un moment tragique de leur histoire.
Alors que son père, Joseph, est envoyé au camp de Buchenwald, où il sera tué peu avant la libération, Lili, ainsi que sa mère Charlotte et ses frères, sont envoyés à Ravensbrück. Durant un an, ils sont soumis à des conditions de travail inhumaines, bien qu'ils finissent par être transférés en 1944 à Bergen-Belsen, un camp notoirement connu pour ses atrocités.
Témoigner pour la jeune génération
Longtemps, la famille a gardé le silence sur ses souffrances. Ce n'est qu'à partir des années 1970, face à la montée des discours négationnistes, que Lili prend la décision de raconter son histoire, d'abord dans le Nord, puis à travers toute la France et même l'Europe. Aujourd'hui, à 94 ans, elle continue de transmettre son récit, qu'elle considère comme sa mission ; elle appelle les jeunes qu'elle rencontre "ses messagers" et les encourage à poursuivre le devoir de mémoire.
En ce 1er avril, Lili a publié une bande dessinée intitulée "Lili, toujours debout, jusqu'au bout ! - De Ravensbrück à Bergen-Belsen", avec un scénario écrit par ses soins et des illustrations de Boris Golzio, éditée par Glénat. Cette œuvre a pour but non seulement de raconter son parcours mais aussi d'inciter les jeunes à rester vigilants contre toutes formes de racisme et de discrimination.







