Valeurs actuelles. À l’aube de son mandat, Emmanuel Grégoire arbore une nouvelle vision pour la Ville Lumière. Au cœur de ce bouleversement politique, la sénatrice LR de Paris, Agnès Evren, s'interroge sur les raisons de la défaite de la droite malgré les manquements évidents d'Anne Hidalgo. Dans cet entretien, elle esquisse les contours d'un futur alternatif.
Au terme de 32 ans de gouvernance socialiste ininterrompue, elle lance un cri d’alarme. « Quand la gauche conquiert une ville, elle ne s'arrête pas à sa gestion, mais déploie un changement structurel », indique-t-elle, pointant du doigt, notamment, les subventions massives accordées à certaines associations, parfois éloignées des préoccupations des citoyens.
En effet, pendant la mandature Hidalgo-Grégoire, près de 1,8 milliard d'euros ont été alloués à des initiatives dont l'impact sur les Parisiens est contesté. Dans le XVe arrondissement, le nombre de logements sociaux a explosé, passant de 13 000 à 28 000 en quelques années. « Ce phénomène entraîne une fuite des classes moyennes, victimes d'un système qui favorise les deux extrêmes : les plus aisés et les plus dépendants des aides », soutient-elle.
Agnès Evren dépeint une capitale devenue trop coûteuse pour les familles de la classe moyenne, tout en affichant une inquiétude croissante pour l'avenir. La décision récente de la mairie d'utiliser un gymnase pour héberger des migrants, aux dépens des sportifs locaux, est révélatrice d'un programme qui ne répond plus, selon elle, aux attentes des Parisiens.
En outre, elle souligne que les divisions au sein de la droite ont largement contribué à son affaiblissement. « Nous avons perdu du temps et de l’énergie à cause de rivalités internes », explique-t-elle, citant des candidatures concurrentes qui n’ont pas favorisé la création d’une véritable dynamique. Le soutien à Rachida Dati, malgré ses efforts soutenus, n’a pas suffi.
Pour l’avenir, l’élue pose trois conditions essentielles pour regagner la confiance des habitants : l'union des forces de droite, la présentation d'un projet concret et une détermination à ne rien laisser passer. Selon elle, cette approche peut faire la différence : « Cette ville est devenue insécure et sale ; il est temps de changer », martèle-t-elle, déplorant les lacunes en matière de sécurité et d’entretien public.
La route est encore longue pour redresser Paris, mais Agnès Evren, avec sa volonté de renouveau, entend porter la voix d'un changement nécessaire. « Les Parisiens ne méritent pas une capitale en déclin », conclut-elle, déterminée à lutter pour une ville meilleure.







