Selon l'association Intersection pour les droits et les libertés, la Tunisie a enregistré 285 violations des droits humains entre mars 2025 et février 2026. Sous la présidence de Kaïs Saïed, le climat politique se tend, avec une répression accrue des militants et des citoyens exprimant leurs opinions sur les réseaux sociaux, ce qui incite à l'autocensure et étouffe le débat public. Comme le souligne Al-Araby Al-Jadid, ces violations touchent divers aspects, de la liberté d'expression au droit à un procès équitable, en passant par l'intégrité physique.
Ce rapport alarmant survient alors que le pouvoir tunisien, face à toute contestation potentielle, adopte une posture sécuritaire pour gérer les défis de développement et les revendications sociales, notamment dans les zones les plus vulnérables du pays. L'ONG précise que les atteintes aux droits, en particulier liées au travail, sont particulièrement concentrées dans le nord-ouest, où la marginalisation est plus palpable.
Limiter le débat public
Les militants, les opposants politiques et même des usagers ordinaires des réseaux sociaux se retrouvent sous le coup de poursuites judiciaires et de lourdes sanctions grâce à des articles du Code pénal et au décret 54, en vigueur depuis septembre 2022, qui cible la diffusion de "fausses informations". Ces dispositions sont utilisées par le régime pour dissuader toute critique envers le gouvernement, instaurer un climat de méfiance et restreindre ainsi le débat public.
Lors d'une conférence de presse le 17 mars à Tunis, l'ONG Intersection a plaidé pour une révision du cadre législatif et un renforcement de l'indépendance judiciaire. Après une décennie de démocratie relative, l'autoritarisme s'est tristement imposé avec la concentration des pouvoirs au sein de la présidence depuis le 25 juillet 2021, suite à l'application controversée de l'article 80 de la Constitution.







