Depuis près de cinq décennies, Francisco Iglesias Carreño fait entendre sa voix à chaque élection dans la région de Zamora, en Espagne. Âgé de 81 ans, ce physicien à la retraite a déjà été candidat sur 45 listes électorales, sans jamais décrocher un seul mandat. Pourtant, il persiste et signe, comme le relate 20 Minutos.
Son parcours politique débute en 1979, une année charnière marquée par les premières élections démocratiques après la période franquiste. À l'époque, il fait son apparition sur une liste pour le Sénat, soutenue par un parti localiste. Cette expérience éveille en lui une passion pour la politique. Dès l’année suivante, il fonde le Parti régionaliste du Pays léonais (Prepal), dont il prend la présidence.
Un score de… 0,33 % en 2022
Tout au long de sa carrière, Francisco Iglesias Carreño a maintenu une présence constante dans les scrutins, qu'ils soient locaux, régionaux ou nationaux. En tant que président du Prepal, il est systématiquement en tête de liste lors des élections. Cependant, ses résultats restent modestes ; lors des élections régionales de 2022, il a obtenu seulement 287 voix, soit 0,33 % des suffrages, un écart notable par rapport aux 16 000 voix nécessaires pour obtenir un siège, selon les statistiques fournies par divers médias.
Sur sa ligne de départ électorale, il ne semble pas se laisser abattre par ses échecs : "Je ne suis pas aux élections pour les votes, mais pour le message, pour le leitmotiv", confie-t-il à l’agence Efe. Son objectif ? Promouvoir l’aspiration d'obtenir un statut pour la régionalité léonienne, qui permettrait de créer une communauté autonome distincte de la Castille.
"Aujourd’hui, ce sont les réseaux sociaux qui dominent"
Francisco a également observé une évolution significative des méthodes de campagne : "Autrefois, l'affichage était crucial. Aujourd'hui, c'est relégué au second plan, les réseaux sociaux prennent le pas", note-t-il. Il déplore aussi le manque d'opportunités d'affronter ses concurrents lors de débats, car parmi les seize candidats, seules trois sont invitées.
En dehors de son engagement politique, Francisco Iglesias Carreño a réussi à s'imposer dans le monde académique. Ancien président du Collège officiel des physiciens d’Espagne et de l’Association nationale des physiciens, il a su gagner le respect de ses pairs.
À 81 ans, cet inflexible candidat ne semble pas prêt à tourner la page. "Tant que nous aurons la santé", assure-t-il, il continuera de se présenter. Sa conviction demeure inchangée : en démocratie, la participation est primordiale.







