Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, devient le protagoniste d'un débat controversé sur l'affichage des portraits présidentiels. En retirant le portrait d'Emmanuel Macron de sa mairie, il ne poursuit qu'un acte de défi face à des politiques jugées inappropriées. Ce geste symbolique, repéré par les médias depuis avril, fait écho à d'autres actions similaires en France.
Didier Cadro, maire de La Turballe, avait déjà fait parler de lui en retournant le portrait du président en janvier, alors que Nils Passaudet, maire de Lavaurette, avait également retiré le sien en 2022. Ces actions ne sont pas sans rappeler la tourmente sociale à l'époque du passe sanitaire, où les libertés individuelles étaient au cœur des préoccupations. « Emmerder » les réfractaires au vaccin était alors le mot d'ordre du Président, ce qui a conduit des élus comme Passaudet à multiplier les gestes de protestation.
Aucune loi n’oblige l’affichage du portrait présidentiel
De fait, rien dans la législation française n'impose aux maires d'afficher le portrait du président. La Constitution évoque la langue française, le drapeau tricolore et la devise de la République, mais rien concernant l'image du chef de l'État. En 2023, une proposition de loi visait à rendre cet affichage obligatoire, mais elle est restée sans suite après avoir été votée à l'Assemblée nationale. Ni le Sénat ni le président n'ont pris cela en considération.
Interrogé sur la situation actuelle, Nils Passaudet a plaisanté sur le manque de renvoi de son portrait par la préfecture : « Je suis légaliste ; tant que ce n'est pas obligatoire, je ne vais pas en rechercher un autre. J'ai plutôt mis up la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. » Un acte symbolique qui pourrait bien inspirer Bally Bagayoko dans ses réflexions. Cette dynamique soulève des questions sur la légitimité des gestes de revendication au sein des institutions, dans un pays où les valeurs républicaines sont censées primer.







